Affichage des articles dont le libellé est David O'Hara. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est David O'Hara. Afficher tous les articles

15 juil. 2008

WANTED : CHOISIS TON DESTIN

Avant d'aller voir Wanted, il faut intégrer l'idée que c'est un film un peu con, un peu vulgos, carrément tocard sur les bords. Une fois ces principes bien assimilés, il est très facile d'entrer dans le premier film ricain de Timur Bekmambetov (oui, je sais l'écrire sans regarder, tout comme Apichatpong Weerasethakul, qui ne fait pas tout à fait le même genre de cinéma), après Night watch et Day watch, une trilogie tellement bancale qu'elle ne comporte que deux épisodes. Avec ses effets visuels pour ados attardés, son ton faussement cool plein de gros mots et d'expressions non reconnues par le petit Robert, et sa philosophie de vie assez grotesque, Wanted a tout pour être raillé et boudé. Ce serait se priver de deux heures d'un plaisir aussi immédiat que primaire.
Le scénar de Wanted pille allègrement les films estampillés "cultes" par les djeunz (ou ex-djeunz, en tout cas nés dans les années 80-90), c'est-à-dire le chef d'oeuvre mal compris Fight club (voir les séquences du début où le héros cafarde dans son open space en marmonnant des sentences pseudo-révolutionnaires), et surtout la trilogie Matrix des frères Wachowski. Du bullet time en veux-tu en voilà, plein de maximes faussement définitives, des sauts d'immeubles en immeubles... Mais voilà : le pillage en règle, tout comme l'esprit bas de plafond de l'ensemble, sont parfaitement assumés, à tel point que l'ensemble devient complètement jouissif. Ça défouraille joyeusement (la différence avec l'esprit Matrix, c'est qu'ici personne ne se prend au sérieux), et la présence d'un héros doué mais ne payant pas de mine provoque une identification immédiate pour le spectateur mâle. C'est un vrai cadeau qu'on lui fait ici : des flingues, du fric... et une Angelina Jolie dont le rôle est d'être complètement canon, fantasme façon FHM pour mâle en rut, dévoilant une chute de reins aussi parfaite que tatouée. En arrivant aux États-Unis, Bekmambetov a parfaitement cerné les envies du spectateur lambda.
Et puis, quand même, Wanted possède un vrai fil conducteur. Une histoire de société secrète (la spécialité du réalisateur), de destinée, de justice sommaire. On découvre également que ce n'est pas Dieu qui régule le destin, mais (roulements de tambour), le "métier à tisser du Destin"... Oui, c'est ridicule, mais ça fait complètement ton sur ton avec tout le reste. Comme James McAvoy (plus épatant de film en film), on découvre tout cela avec un étonnement teinté de consternation, avant d'oublier ses réserves pour aller céder aux sirènes du bling-bling et du bourrin spirit. On fera difficilement film plus pop corn cet été. Pas sûr en revanche que les deux suites (forcément improbables) qui vont en être tirées suite à son succès américain soient très utiles...
7/10

20 avr. 2008

DOOMSDAY

Après l'étouffant The descent, Neil Marshall décrit un autre type de claustrophobie : celle qui nous atteindra tous un jour ou l'autre si le monde continue à faire n'importe quoi. Cette fois, c'est l'idée même d'être enfermé dans cet univers trop petit qui devient la plus grande angoisse qui soit. Par le biais d'un style un peu bis et très référencé (Mad Max, Carpenter, tous ces trucs qui font rêver les quadras nostalgiques), Marshall décrit une apocalypse de proximité, aussi délirante que crédible. Le point de départ (l'Écosse est mise en quarantaine pour enrayer la progression d'un virus imbattable) n'est qu'un prétexte pour partir en voyage dans ce monde où la normalité et la marge ne font plus qu'une.
Doomsday, c'est donc un gros plaisir coupable qui assume pleinement son côté bourrin et ses nombreuses influences, part dans tous les sens sans jamais se retourner, et revendique haut et fort son statut de fourre-tout débile et inquiétant. À la tête du film, Rhona Mitra est juste parfaite, jouant idéalement sur l'ambivalence de son personnage, à la fois ultra sexy, ultra masculine, et finalement assez émotive. Dans le royaume underground des punks comme dans les douves de pseudo-chevaliers, cette Eden Sinclair est pleinement à son aise, distribuant les pains comme d'autres la bonne parole, tranchant des têtes comme si c'était la routine. Mais sans ce côté ennuyeusement cool qui fit un temps le succès de personnages surécrits à la John McClane. Doomsday est un film absolument pas recommandable, puisqu'il risque surtout de provoquer le rejet chez une majorité de spectateurs, fans ou pas du genre (mais quel genre ?). On souhaite que Neil Marshall continue à faire ce qui lui passe par la tête : il y a visiblement du très bon sous ce crâne-là.
8/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz