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14 août 2009

LA COPINE DE MON MEILLEUR AMI

Souvent, quand le générique est terminé, le critique en herbe reste dans la magie de l'instant - si le film est bon - ou cherche immédiatement ce qu'il va bien pouvoir écrire - si le film est peu mémorable. Il arrive de temps à autres qu'il n'ait rien, absolument rien à dire sur ce qu'il vient de voir. Et là, c'est terrible.
La copine de mon meilleur ami n'est pas un total navet, c'est même une comédie pas antipathique, bénéficiant d'une flopée d'acteurs plutôt agréables à voir évoluer. Déjà, un film avec Alec Baldwin est un film à voir, tant l'ex-monsieur Basinger est devenu une sorte de prince du second rôle comique en quelques années à peine. Dane Cook a une tête de con mais il est diablement efficace, et les autres s'en sortent relativement bien.
Le problème, c'est que tous ces gens se sont mis au service d'une histoire aussi inintéressante que mal taillée, qui traine en longueur et accumule les rebondissements sans saveur. Là, incapable de se remémorer le moindre gag désopilant ou la moindre situation pouvant faire débat, le critique en herbe abandonne lâchement et choisit plutôt de vous offrir sa recette de tarte poires-chocolat.
Il vous faut : une pâte sablée, 100 grammes de chocolat noir, 2 cuillères à soupe de lait, 3 oeufs, 6 cuillères à soupe de crème fraîche épaisse, 70 grammes de sucre et 2 belles poires. Faites fondre le chocolat avec le lait dans une casserole, puis ajoutez-y 3 bonnes cuillères à soupe de crème fraîche, mélangez bien et versez sur la pâte. Déposez les poires coupés en dés sur ce nappage. Mélangez les oeufs, le sucre et 3 cuillères à soupe de crème fraîche, et versez délicatement ce mélange pour recouvrir le chocolat et les poires. Mettez au four pendant 25 minutes au thermostat 6 (180°C).
Cette tarte est un régal, elle est rapide à faire, et procure bien plus de plaisir à manger qu'aller voir La copine de mon meilleur ami, film aussi insipide que son titre, ce qui n'étonne guère de la part du brillant réalisateur de Rends la monnaie, papa - chef d'oeuvre avec Macaulay Culkin - et Mon voisin le tueur 2 - hilarante comédie avec Bruce Willis.




La copine de mon meilleur ami (My best friend's girlfriend) de Howard Deutch. 1h40. Sortie : 19/08/2009.
Autre critique sur Laterna Magica.

20 sept. 2008

COUP DE FOUDRE À RHODE ISLAND

Il s'en faut de peu. Trois fois rien pour que Coup de foudre à Rhode island (c'est moins bien que Dan in real life, mais mieux que Dan face à la vie, titre un temps envisagé) n'entre au panthéon des comédies mélancoliques, genre délicat s'il en est. Il est rageant de voir un film se tirer ainsi une balle dans le pied en proposant des images supra stéréotypées pour illustrer le générique de fin.
À condition de quitter la salle avant ce satané générique, Coup de foudre à Rhode island est donc un film tout à fait recommandable, voire même indispensable. Peter Hedges parvient miraculeusement à mêler à une ambiance spleenesque un bon gros zeste d'humour, faisant passer le péquin moyen du rire aux larmes en une nanoseconde. Pour y arriver, il ne pouvait qu'engager Steve Carell, qui n'a pas son pareil pour zigzaguer entre les registres. Il prolonge ici sa prestation de Little miss sunshine, mais sa déprime semble plus nuancée, et donc plus communicative. La contagion gagne d'autant plus que la femme dont il tombe inopinément amoureux n'est autre que Juliette Binoche (prononcez "Djouliet Binoc"), l'actrice la plus prolifique de 2008, et le plus admirable come-back de l'année avec une demi-douzaine de prestations magnifiques. On tombe amoureux en même temps que Dan, on vit avec lui, on se passionne pour cette histoire toute conne... C'est juste très beau. Et très drôle. Comme un automne en famille.
8/10

31 déc. 2007

CHARLIE, LES FILLES LUI DISENT MERCI

Qu'attendre d'un film au titre si stupide (surtout en VF)? Réponse : rien. Et c'est d'autant plus agréable quand la purge annoncée se révèle être une sympathique comédie pas franchement élaborée, mais qui a au moins le mérite d'occuper le spectateur pendant une centaine de minutes. Charlie, les filles lui disent merci (quelle idée) a beau mal exploiter son amusant postulat de départ (l'histoire d'un type maudit qui ne peut coucher avec une fille sans que celle-ci rencontre aussitôt après l'homme de sa vie), il n'en demeure pas moins que le film possède une belle énergie et quelques ressorts plutôt bien trouvés. On jurerait que le film a été écrit pour Adam Sandler : dans l'esprit, on n'est pas loin de machins comme Amour & amnésie ou Self control, des comédies arrivant à être à la fois poussives et imaginatives.
L'un des problèmes du film, c'est justement que l'acteur principal n'est pas Adam Sandler. Le Dane Cook en question n'est pas mauvais mauvais, mais peut légitimement inspirer un sentiment de totale indifférence. Pas vraiment de charme ni de style, rien qui le différencie de la masse des acteurs trentenaires. Il manque au film une personnalité forte. Et, surprise, c'est Jessica Alba qui apporte à Charlie un peu de l'esprit qui lui manquait. La demoiselle a rarement été aussi charmante, et révèle un potentiel comique étrangement sous-exploité.
Il faut saluer la relative audace du réalisateur Mark Helfrich, qui traite un sujet se situant clairement en dessous de la ceinture sans pudibonderie aucune. Les coucheries sont filmées et sont totalement intégrées au récit, les filles à poil sont à poil, et tout le monde appelle un chat un chat. C'est à la fois agréable pour les yeux et globalement satisfaisant : malgré quelques défauts et un manque de liant dans le script, Charlie, les filles lui disent merci a au moins le mérite d'être un film franc du collier.
5/10

28 août 2007

MR. BROOKS

L'affiche française de Mr. Brooks donne l'impression qu'il s'agit d'une bête série B crasseuse et bâclée avec un vilain tueur en série et une gentille flic sexy qui le colle aux basques. Il n'en est rien : Mr. Brooks est un thriller très psychologique, où conscience et inconscient sont des éléments moteurs (ce que montre déjà mieux la jolie affiche américaine). Trois personnages, qui, comme les mousquetaires, sont quatre : un homme d'affaires qui ne peut résister à ses pulsions meurtrières, une flic partagée entre ses problèmes personnels et la traque de ce mystérieux tueur, un témoin-clé qui meurt d'envie de prendre une leçon d'assassinat ; la quatrième roue du carosse se nommant Marshall, la conscience de Brooks, physiquement présent à ses yeux (et aux nôtres). Ça donne un chassé-croisé souvent intéressant, plus complexe qu'une banale histoire de double personnalité, qui exploite parfaitement chaque facette de son personnage principal.
Pour autant, Mr. Brooks est loin d'être pleinement satisfaisant : le personnage de Demi Moore est mal taillé et sujet à des intrigues parallèles plus encombrantes qu'autre chose, et les dernières vingt minutes du film sont noyées dans une sorte de brouillard étrange, le réalisateur Bruce A. Evans ne sachant plus s'il doit favoriser le suspense ou la psychologie. Il n'empêche : Kevin Costner trouve là un rôle original et à la mesure d'un talent trop souvent gâché, et William Hurt est un Jimini Cricket délicieusement salaud, poursuivant ses efforts à laisser sur le bas-côté sa tiédeur passée. Et le script est suffisamment malin et original pour donner envie de voir ce qu'Evans a dans le crâne (lui qui n'avait pas réalisé depuis quinze ans).
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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