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17 févr. 2009

LE SÉMINAIRE - CAMÉRA CAFÉ

Espace détente, premier film adapté du supra-attachant format court Caméra café, avait déçu. Trop de personnages à traiter en une heure et demie, au détriment du rythme et de l'élan comique. Quelques années après les adieux de la série (dont la petite soeur, La boîte du dessus, arrive très bientôt sur M6), pour le baroud d'honneur de leurs deux anti-héros, Bolloc'h et Solo semblaient avoir retenu la leçon, laissant à d'autres le soin d'écrire et réaliser ce Séminaire ne conservant que six (allez, sept) des personnages initiaux.
Ce dégraissage d'effectif est malheureusement la seule bonne idée d'une comédie proprement affligeante, qui ne renoue avec la bonhommie de Caméra café qu'à de très rares instants. Bien que donnant à voir plus d'une méthode farfelue (mais véridique, assurent les auteurs), les scènes de séminaire n'ont aucune force satirique, massacrées par un montage calamiteux. Si bien que tout finit toujours de la même façon : par une crise d'hystérie collective, qui n'a visiblement pas le même impact humoristique qu'en plan fixe et en format court. Même chose pour les séquences Paris by night, cruellement dépourvues d'inspiration.
Tout ici sent le produit bâclé et l'exploitation bassement mercantile, ce qui semble un rien surprenant de la part de types aussi sympathiques que les interprètes des cultissimes Dumont et Convenant. Zéro rythme, très peu de gags, et sans doute la réalisation la plus craspec de l'année, par un Charles Nemes qui n'a jamais été un foudre de guerre mais qui se surpasse ici. Tout juste peut-on se consoler avec quelques répliques convenantesques en diable (mais déjà entendues dans la série pour la plupart) ou avec l'enthousiasme corporate du toujours excellent Scali Delpeyrat. Le potentiel des autres est réduit à peau de chagrin, un sentiment qui étreindra les fans d'une série dont chaque épisode était à lui seul bien plus drôle que ce bien médiocre Séminaire.
2/10
(également publié sur Écran Large)

2 mai 2007

PUR WEEK-END

Il y a dix ans, avec Le déménegement, Olivier Doran présentait de jolies dispositions à faire du divertissement français de qualité, du cinéma de potes n'ayant pas grand chose à envier à celui de Lawrence Kasdan. Il aura fallu attendre jusqu'en 2007 pour que Doran nous revienne avec Pur week-end, film réunissant une nouvelle fois une bande d'amis... dans des circonstances un peu plus délicates que celles d'un déménagement.
Le pari était osé : réussir un mélange de comédie générationnelle, de film d'aventures pépère et de vrai policier qui ferait presque peur. Dès le prégénérique, avec sa grosse musique ricaine qui tache, Doran annonce son ambition de faire aussi bien que les entertainers d'outre-Atlantique. Il y a pourtant de quoi faire la grimace : Pur week-end n'est ni franchement drôle (sauf quand les gags sont bien stupides, comme la chute toute ridicule de Jean-Noël Brouté), ni franchement exaltant, ni même émouvant (le trauma survenu vingt ans plus tôt apparaît comme la pire idée du film). On ne s'attardera même pas sur le degré de crédibilité du film : comment parler de quelque chose qui n'existe pas?
Pourtant, sans que cela s'explique vraiment, Pur week-end n'ennuie jamais. Sans doute parce que le casting est ultra sympathique, plein de bonnes gueules dont on connaît plus ou moins les noms. Probablement aussi parce qu'il est assez jouissif de se demander jusqu'où Doran et son coscénariste-acteur Philippe Lefebvre vont pouvoir aller dans le n'importe quoi. Dans ses meilleurs moments, Pur week-end fait penser à Casque bleu, comédie en demi-teinte (sur un autre sujet grave, la guerre) aux défauts si marqués qu'ils en devenaient des qualités. Dans les pires, le film d'Olivier Doran ne ressemble à rien de connu, et c'est sûrement un peu pour ça qu'il devient finalement si attachant.
5/10

21 nov. 2006

MON COLONEL

On s'est tellement plaint du fait que la France refusait les films parlant de son passé récent et tourmenté qu'on aurait plutôt envie de dire du bien de ceux qui s'y risquent enfin. Seulement voilà : Mon colonel est un gros machin bien mastoc, un film bien français dépourvu de nuances et d'âme. C'est un peu gênant.
Construit sous la forme d'une enquête policière, le film effectue de nombreux allers-retours entre les années 90 et un passé plus lointain, à l'époque de la guerre d'Algérie. D'où un parti pris assez lourd et plutôt moche : le présent en couleur, le passé en noir et blanc. Plof. Côté scénario, la finesse n'est pas non plus au rendez-vous : cela fait bien longtemps que Costa-Gavras et Jean-Claude Grumberg ne sont plus des fines lames du cinéma politique. Le manichéisme prédomine, la construction sent le renfermé, le didactisme des situations fait peine à voir. Et malgré un casting foisonnant (Robinson Stévenin, Cécile de France, Bruno Solo, Guillaume Gallienne, Charles Aznavour et bien d'autres), Laurent Herbiet ne parvient jamais à faire décoller un film vraiment trop vieillot et téléphoné.
Heureusement il y a Olivier Gourmet, acteur de grand talent, qui interprète le seul personnage un peu ambigu du film (le colonel du titre). Un militaire inflexible prêt à tout pour son pays, y compris à commanditer des exactions et des tortures. L'homme est sec comme un coup de trique et impresionnant comme pas deux, et pourtant on sent poindre dans ses yeux le doute et la honte. Châtier pour la France ou avoir la conscience tranquille, il faut choisir, et lui a choisi. C'est tout le sel d'un film sans grande aspérité qui donne envie de revoir un vrai grand film sur la guerre d'Algérie, l'inconestable La trahison de Philippe Faucon.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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