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10 févr. 2009

CE QUE PENSENT LES HOMMES

Si Lelouch n'était pas passé par là, Ce que pensent les hommes aurait pu s'appeler Hommes femmes : mode d'emploi, puisque il ne s'agit pas uniquement d'explorer la cervelle des mecs. Ce guide de survie en milieu hostile est en fait adressé aux deux sexes, montrant d'une part que garçons et filles sont aussi tordus les uns que les autres, et d'autre part qu'il n'y a finalement aucune règle 100% fiable permettant de décrypter le comportement de la personne que l'on convoite.
Le film de Ken Kwapis met plus de deux heures pour arriver à cette conclusion pas franchement révolutionnaire. Mais peu importe, puisque la démonstration est drôle, fraîche et riche en exemples de toutes sortes. Voilà enfin un sujet qui méritait qu'on en fasse un film choral : c'est par la diversité des relations étudiées que Ce que pensent les hommes atteint une sorte d'universalité. Don Juan ou sainte nitouche, tout le monde s'y retrouvera.
Il faut évidemment accepter le caractère hollywoodien d'un film méga glamour, dans lequel tous les personnages sont beaux, bien habillés et propriétaires d'appartements décorés avec soin ; ceci fait, Ce que pensent les hommes est un divertissement assez délectable qui énonce plus d'une vérité sur le couple, notamment à travers le très mimi duo Ginnifer Goodwin - Justin Long, qui effectuent une jouissive approche comportementaliste du "il va me rappeler / il va pas me rappeler". Si toutes les histoires ne sont pas à la hauteur, si le film s'étend un peu trop sur certains faits (il y a un petit quart d'heure en trop), le ton est juste et les acteurs tous bons (oui, absolument tous).
Et puis, il faut bien l'avouer, le film déclenche un processus d'identification pour le moins grisant et permet d'assouvir quelques fantasmes par procuration. Comme celui de tromper Jennifer Connelly avec Scarlett Johansson, ou même de folâtrer avec l'une sous les yeux de l'autre... Assez soft côté sexe, Ce que pensent les hommes a pourtant ce petit côté aphrodisiaque qui en fait la comédie idéale à aller voir en charmante compagnie.
7/10
(également publié sur Écran Large)

25 juil. 2008

THE X-FILES : RÉGÉNÉRATION

Il est sans doute un peu question de régénération dans ce deuxième film X-files ; à vrai dire, on s’en moque un peu. Les honnêtes gens qui se rueront (?) dans les salles pour l’intrigue ne pourront qu’être déçus par cette vague histoire de prêtre pédophile ayant peut-être un don de médium. Le scénario de Chris Carter ne pisse pas bien loin, et pâtit d’une construction assez indigne de son talent d’autrefois. On est sans cesse en avance sur les personnages, aucune révélation n’est assez forte pour venir nous secouer les tripes. Les adeptes d’histoires tordues pourront passer leur chemin.
L’intérêt de X-files : régénération est tout autre. Il est même tellement biaisé que seuls les veinards qui ne paient pas leur place à l’unité pourront éventuellement le goûter. Le vrai sujet du film, c’est Chris Carter lui-même, et en particulier « comment se débarrasser d’une série qui vous colle aux basques comme un vieux chewing gum dégueulasse ». De l’humour bas de plafond (utilisant, sacrilège, le bon vieux thème musical de Mark Snow) à une conclusion incroyablement détendue (restez jusqu’à la fin du générique), tout porte à croire que Carter a fait ce film-là par-dessus la jambe, souhaitant renouer une dernière fois avec Mulder et Scully avant de les abandonner définitivement et de pouvoir passer à autre chose. De ce point de vue, c’est très réussi. X-files : régénération n’a rien du grand film grave qui était promis aux fans. C’est juste un ultime pied de nez.
Pas de blockbuster, mais un film d’auteur : X-files : régénération est principalement ancré sur les personnages, refusant bien souvent toute ébauche d’action pour mieux se concentrer sur le duo/duel Scully-Mulder, ambigu et torturé, tant d’un point de vue personnel que sur l’éternel désaccord qui les anime (normal ou paranormal, comme dirait je ne sais plus quelle émission de merde). Pas de quoi transcender les aficionados de la série, qui ont sans doute déjà vu ces thèmes traités en mieux, mais la réflexion sur le scientifique et le christique est plutôt bien vue, transcendée par une Gillian Anderson impeccable et visiblement ravie de retrouver le personnage qui a fait sa gloire. La fin (en tout cas celle qui intervient avant le générique) est belle et constitue un adieu convaincant à deux énergumènes qui ont longtemps alimenté les passions et les débats. Peu importe alors que le scénario soit jalonné d’incohérences et de vraies-fausses ellipses (tiens, Skinner, qu’est-ce qu’il fait là ?) : l’important ici n’est pas dans les actes, mais dans les crânes.
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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