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15 janv. 2008

SMILEY FACE

Mais où est passé Gregg Araki? On a du mal à reconnaître dans ce tout petit Smiley face le réalisateur de Mysterious skin. Mêmes des oeuvres comme The doom generation apparaissent comme des films majeurs lorsqu'on les compare aux tribulations de cette jeune femme complètement stone. Smiley face ressemble à des films comme le grand Eh mec! Elle est où ma caisse?, une vraie mise en scène en plus, mille doses de délire en moins.
Apparemment, Araki n'a pas vraiment supporté l'accueil dithyrambique réservé à Mysterious skin, lui réalisateur de teen movie trash soudainement propulsé chantre du cinéma d'auteur sérieux. Il y avait sans d'autre façons de prendre tout le monde à contrepied : même avec beaucoup de snobisme, il paraît difficile de prendre le film pour un brillant exercice de style ou une métaphore de je ne sais quoi. Smiley face, c'est juste une petite comédie sans envergure, un film plus ou moins à sketches qui donne souvent à sourire mais jamais à rire. Et ce en dépit des efforts d'Anna Faris, habituée aux rôles déjantées grâce à la série des Scary movie, et qui fait des pieds et des mains pour provoquer notre hilarité. Peine perdue : la comédienne a beau être très drôle, ce n'est pas suffisant pour transcender un scénario pas si imaginatif, qui dissimule un certain manque d'idées derrière des gimmicks fatigants. Vivement qu'Araki reparte sur le droit chemin et se consacre à des projets plus dignes d'intérêt. Parce qu'ici, vous allez rire, "Araki rit" s'écrit plutôt "hara-kiri". Sous vos applaudissements.
4/10

11 sept. 2006

MA SUPER EX

Partant d'une idée assez rigolote (et si vous-sortiez avec une super-héroïne? et si vous la larguiez et qu'elle n'était pas contente?), Ma super ex est d'abord une comédie qui prend son temps. Avant d'arriver aux évènements annoncés par le titre (quand G-Girl s'énerve sec et décide de se venger), Ivan Reitman met quand même près d'une heure. De là à dire que l'accroche du film est mensongère, il n'y a qu'un pas.
Car Ma super ex commence par le commencement. Il y a la rencontre, les premiers rendez-vous, la confusion des sentiments... Le tout du point de vue du personnage de Luke Wilson, qui s'il peut être très bon lorsqu'il est dirigé, peut aussi être aussi impressionnant qu'une endive tiède lorsque non. Du coup, c'est mou, et on piétine en attendant de plonger dans le vrai sujet du film. Lorsqu'arrive Uma Thurman, délicieux fantasme sur pattes, on pense être enfin servi. On sent la peste qui se cache derrière la bienfaitrice. Et on prie pour qu'il la quitte instamment.
Au bout de cinquante-cinq minutes, c'est donc fait. Reste une demi-heure pour voir comment la belle va se fâcher. Et là, nouvelle déception. N'attendez rien de plus que ce que vous avez vu dans la bande-annonce (le requin en pleine face, la voiture défoncée) : Reitman fait du remplissage pour ne pas faire enfler le budget effets spéciaux, et nous plante en fin de course avec un imbroglio kryptonito-sentimental aussi tiré par les cheveux qu'inintéressant.
C'est bien dommage : Ma super ex aurait pu être une comédie hilarante et échevelée. Mais il y a bien longtemps que Reitman ne croit plus au potentiel de ce qu'il filme, et qu'il se contente de poser sa caméra et d'aligner les gags balourds sans chercher à les mettre en valeur (comme en témoigne le tristement nul Evolution).
3/10

20 juin 2006

SCARY MOVIE 4

"Le quatrième et dernier volet de la trilogie", annonce l'affiche. Sous la vanne pointe un gros fond de vérité : la saga Scary movie ne semble pas près de s'arrêter. Il faut dire qu'avec de tels succès outre-Atlantique, les producteurs seraient bien bêtes de renoncer à une telle manne. Quatre films en six ans, un rythme soutenu qui laisse peu de temps pour vraiment peaufiner un scénario et tenter de livrer mieux qu'un brouillon plein de traces de doigts.
Après deux épisodes, les frères Wayans ont cédé leur place à David Zucker, l'un des anciens grands maîtres du genre parodique. Seulement, Zucker a bien vieilli, et semble avoir oublié comme il est délicat de ne pas tomber dans la facilité. Écrire ce genre de film, tout le monde en est plus ou moins capable : il suffit de se procurer les DVD des derniers blockbusters, une bonne bouteille pour activer les neurones, et hop, on griffonne trois idioties sur un coin de nappe. Seulement voilà : le lendemain matin, à la relecture, tout semble légèrement moins drôle. Relecture que les scénaristes de la franchise semblent avoir une nouvelle fois sauté. Résultat : Scary movie 4 est bourré de scènes inabouties ou complètement sinistres, où l'on ne fait qu'entrevoir le potentiel comique qui aurait pu être exploité. Sur les 72 (!) minutes du film, chacun trouvera bien quelques gags qui l'amuseront, mais personne n'y verra une franche rigolade de bout en bout.
Dommage : chaque apparition de Leslie Nielsen est un délice (aaaaaah! nostalgie...), et les pans de scènes qui fonctionnent sont vraiment très réussis (il y a une scène scato avec Carmen Electra qui ne manquera pas de faire rire les plus bêtas d'entre nous).
Pour s'occuper, on s'amusera à reconnaître les films parodiés. Épreuve pax vraiment difficle ici, puisque la liste est courte : Scary movie 4 s'attaque principalement à La guerre des mondes, au Village et à The grudge, avec des petits morceaux de Saw et de Brokeback mountain pour le (mauvais) goût. Si Scary movie 4 n'est pas le plus mauvais des quatre, on peut toutefois s'en dispenser, ou au moins attendre le DVD.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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