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25 sept. 2007

BOARDING GATE

Il en faut, du courage, pour entrer dans la nouvelle oeuvre d'Olivier Assayas. Le réalisateur français nous propose une nouvelle plongée clinique dans un univers totalement perméable. D'où la sensation inconfortable du métal froid sur la peau. La première partie de Boarding gate voit se dérouler le règlement de comptes oral d'un plus ou moins ex-couple toujours habité par une relation perverse. Un enchaînement de longs dialogues, superbement filmés, d'où émerge l'air de rien la peinture minutieuse et envoûtante d'une passion unique. Asia Argento et Michael Madsen ont toujours été des acteurs excessifs ; rien n'a changé ici, mais leurs froncements de sourcils insistants et leur façon de débiter la moindre banalité comme s'il s'agissait de vers raciniens trouve dans Boarding gate une résonance particulière. C'est inexplicable? Oui. Ça peut rebuter? Complètement. Et c'est pour ça que c'est bon.
Arrive la seconde moitié du film ; là, Assayas bascule dans un thriller simple et moderne, à la fois très proche et si éloigné du hi-tech rocailleux de Demonlover. Il y a là-dedans un véritable suspense, mais aussi un éloge bien pesé de la solitude, vue comme un art de vivre, une façon d'être, et un véritable atout. Jusqu'à son dénouement très classieux, Boarding gate instillera son venin dans le corps des naufragés volontaires. La mise en scène imperturbablement agile d'Assayas fait le reste. Quelquefois, la magie se passe de mots.
9/10

20 juin 2006

SCARY MOVIE 4

"Le quatrième et dernier volet de la trilogie", annonce l'affiche. Sous la vanne pointe un gros fond de vérité : la saga Scary movie ne semble pas près de s'arrêter. Il faut dire qu'avec de tels succès outre-Atlantique, les producteurs seraient bien bêtes de renoncer à une telle manne. Quatre films en six ans, un rythme soutenu qui laisse peu de temps pour vraiment peaufiner un scénario et tenter de livrer mieux qu'un brouillon plein de traces de doigts.
Après deux épisodes, les frères Wayans ont cédé leur place à David Zucker, l'un des anciens grands maîtres du genre parodique. Seulement, Zucker a bien vieilli, et semble avoir oublié comme il est délicat de ne pas tomber dans la facilité. Écrire ce genre de film, tout le monde en est plus ou moins capable : il suffit de se procurer les DVD des derniers blockbusters, une bonne bouteille pour activer les neurones, et hop, on griffonne trois idioties sur un coin de nappe. Seulement voilà : le lendemain matin, à la relecture, tout semble légèrement moins drôle. Relecture que les scénaristes de la franchise semblent avoir une nouvelle fois sauté. Résultat : Scary movie 4 est bourré de scènes inabouties ou complètement sinistres, où l'on ne fait qu'entrevoir le potentiel comique qui aurait pu être exploité. Sur les 72 (!) minutes du film, chacun trouvera bien quelques gags qui l'amuseront, mais personne n'y verra une franche rigolade de bout en bout.
Dommage : chaque apparition de Leslie Nielsen est un délice (aaaaaah! nostalgie...), et les pans de scènes qui fonctionnent sont vraiment très réussis (il y a une scène scato avec Carmen Electra qui ne manquera pas de faire rire les plus bêtas d'entre nous).
Pour s'occuper, on s'amusera à reconnaître les films parodiés. Épreuve pax vraiment difficle ici, puisque la liste est courte : Scary movie 4 s'attaque principalement à La guerre des mondes, au Village et à The grudge, avec des petits morceaux de Saw et de Brokeback mountain pour le (mauvais) goût. Si Scary movie 4 n'est pas le plus mauvais des quatre, on peut toutefois s'en dispenser, ou au moins attendre le DVD.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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