Into the wild n'est donc pas le chef d'oeuvre promis, l'angélisme du propos pouvant même donner des boutons à ceux qui préfèrent le doux fumet des gaz d'échappement au parfum des fleurs. Il faut cependant aller au-delà de cette légère déception et applaudir tout de même un film libre comme l'air, qui ne s'encombre (presque) jamais de morales préfabriquées et comble à merveille nos envies de cinéma. Penn filme comme il respire, changeant de rythme au gré de ses fulgurantes inspirations, et confirme sa formidable aptitude à diriger des acteurs. Souvent seul en scène, Emile Hirsch est prodigieux de naturel et de profondeur, captant la belle lumière du film comme peu d'autres auraient su le faire.
Bien qu'un tout petit peu trop long, Into the wild est une quête souvent saisissante qui ne lâche jamais prise, une ode au déracinement (racines qui font renaître le héros avant de causer sa perte) et au travail sur soi. On aurait évidemment espéré encore plus de la part du réalisateur de The pledge, faux polar qui nous en apprenait davantage sur nous-mêmes. D'autant que la morale finale ("la vie ne vaut que si elle est partagée", snif) est un peu trop dégoulinante pour attendrir les plus cyniques.
7/10
2 commentaires sur “INTO THE WILD”
Pas tout à fait d'accord avec toi ! D'abord, le film est très très ennuyeux, mais bon, c'est une question de point de vue. Mais sur le côté moralisateur, je trouve que ce film est un condensé de morale simplificatrice. Le parallèle entre culture et nature et la primauté de la seconde en est un. Sans aucune analyse, sans recul, avec beaucoup de cliché... très décevant
blog : http://mythologies.blog.lemonde.fr/
J'ai fait un poème que m'ont inspiré le film et le livre d'Into the Wild. Le voici :
À l’état sauvage
Le jeune homme était venu goûter à la paix,
Et à la solitude de la nature :
Il n’y a rencontré que le sort le plus dur.
Diplômé, beau, plein de juvénilité, il avait tout.
Il était brûlant d’ambition, jusqu’à voyager,
Au quatre coins du monde.
Et personne ne pouvait juguler sa soif d’aventures.
Un jour la société lui a pesé, son appétit et sa cupidité l’ont usé.
Alors il est parti.
Il a fui pour s’enfoncer par-delà les hauteurs de l’Alaska,
Jusqu’aux forêts silencieuses.
Il a trouvé une taïga puis s’est installé dans un autobus,
Et y a végété pendant quatre mois.
Passé ce délai, la mort l’a rattrapé et saisi, puis l’a emporté,
Ne laissant qu’une enveloppe froide derrière elle.
Depuis son trépas, on se souvient de lui comme un héros,
Qui a eu le courage de quitter les sentiers battus de la Terre.
(Voyage entre Cieux et Enfers I)
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