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18 oct. 2008

LE CRIME EST NOTRE AFFAIRE

Attention, lieu commun, digne d'une des meilleures critiques de Télé poche : Le crime est notre affaire, on aime ou on n'aime pas. Comme dans Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas installe une atmosphère pittoresque, vieillotte et décalée, mêlant humour british et boulevard à la française. Il y a là-dedans des gags de toutes sortes, des hommages en veux-tu en voilà, des répliques primesautières, des numéros d'acteurs... À voir la réaction de la salle, ça fonctionne sur une bonne partie du public. Tant mieux pour eux.
Et on les comprend presque, ces gens, qui se gaussent d'une chute de Catherine Frot ou d'une vanne d'André Dussollier. En revanche, on ne les envie pas une seconde. C'est que toutes ces envies de décalage et de singularité sont tuées dans l'oeuf par l'inénarrable lourdeur du style Thomas. Incroyablement inesthétique (on parle bien de la mise en scène, pas des décors servant au film), Le crime est notre affaire est également le machin le plus téléphoné qui soit. On voit arriver les bons mots une demi-heure avant (l'exemple le plus parfait étant la consternante scène qui clôt le film), on est consterné par la fadeur des personnages et de leurs interprètes, on a envie d'étriper Frot et Dussollier, au-delà de la caricature... Seules les apparitions de Claude Rich en vieux grigou ont quelque chose de réjouissant. Mais c'est peu. Alors évidemment, on entendra dire çà et là que ce côté un peu foireux est totalement voulu, que Thomas sait exactement ce qu'il veut et qu'il n'a pas son pareil pour livrer des films rustiques et attachants. On peut également affirmer que Le crime est notre affaire est juste un film de vieux, pour vieux, sentant le renfermé et la naphtaline. En tout cas, ça n'est pas du cinéma.
3/10

13 nov. 2007

L'HEURE ZÉRO

Dans Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas effectuait une sorte de synthèse de ses films précédant, en accentuant le côté vieillot et désuet, et surtout la médiocrité totale. Un joli coup, puisque plus d'un aveugle y a vu une stylisation de la nostalgie, ou je ne sais quelle baliverne. Succès public en tout cas. Il y eut ensuite un Grand appartement surprenant par sa fraîcheur et sa Laetitia Casta, qui donnait à penser que Thomas n'était pas tout à fait perdu pour le cinéma.
L'heure zéro signe malheureusement le grand retour de Thomas à des affaires démodées, cet adjectif n'ayant ici rien de positif. Typiquement le genre de film dont le générique de fin apparaît comme un soulagement, mais aussi comme une surprise : on est ravi que ça se termine, mais on a l'impression de ne rien avoir vu. D'une vacuité assez vertigineuse, le film ne prend même pas la peine de soigner son whodunit (on est quand même chez Agatha Christie, nom de nom) et tente de faire vivre des personnages "hauts en couleur" et de jouer la fantaisie. N'est pas Bruno Podalydès qui veut ; le loufoque se mérite et ne se résume pas à des gesticulations incessantes. En même temps qu'il anesthésie le spectateur, Thomas fait la même chose sur ses comédiens. POurtant jeunes, frais et talentueux, Smet, Mastroianni et Poupaud semblent totalement impuissants, plombés par la lourdeur de l'air. Et là, décidément, même au dixième degré, cette Heure zéro porte franchement bien son nom.
1/10

9 janv. 2007

LE GRAND APPARTEMENT

De bons acteurs, c'est essentiel. Voilà une affirmation pleine de bon sens, et surtout complètement banale. C'est pourtant la réaction principale que suscite ce surprenant Grand appartement, dont on n'attendait strictement rien. Il faut dire que Pascal Thomas est habituellement un réalisateur complètement dénué d'intérêt. Des films vieillots, empesés, grotesques, regroupant le pire de ce que peut offrir le cinéma français. Et c'est là que les acteurs se révèlent essentiels : car en employant le duo Mathieu Amalric - Laëtitia Casta, Thomas fait des étincelles avec ce qui d'habitude sent le sapin.
Rétrospectivement, on se dit que le scénario du Grand appartement n'a rien de formidable. La magie du film, c'est que pendant une centaine de minutes, on s'en fout complètement. Et pour cause. La môme Casta est tout bonnement épatante : fraîche, dynamique, enjouée, et plus convaincante que jamais, elle porte le film sur ses épaules. Face à elle, Mathieu Amalric rappelle qu'il n'est pas le meilleur acteur de France pour rien. Leur couple improbable est une vraie réussite de casting. Quant au troisième larron, Pierre Arditi, ses sourcils constamment froncés sont pour une fois parfaitement dans le ton. Résultat : le film part dans tous les sens, multiplie les bons mots plus ou moins réussis, passe du coq à l'âne, s'autorise des digressions d'un goût discutable... et séduit par sa folie et son charme rétro (mais pas vieille France). L'inconstance du film (on peut passer en quelques secondes de Woody Allen à Claude Lelouch) en est presque une qualité. Indescriptible.
Ce qui est sûr, c'est que Thomas est bien plus à l'aise avec un casting jeune. Souhaitons qu'à l'avenir il oublie les Catherine Frot et André Dussollier (souvent bons ailleurs, mais jamais chez lui) pour se pencher davantage vers une nouvelle génération qui, à coup sûr, lui offrira une inspiration nouvelle.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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