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29 mars 2007

HELLPHONE

On ne sait pas vraiment pourquoi on entre dans la salle. Sans doute le vague espoir d'assister à la naissance d'un Joe Dante français. Il faut assez peu de temps pour comprendre que Hellphone n'atteindra jamais le niveau des comédies américaines pour teenagers. Déjà, le héros : Jean-Baptiste Maunier, savamment décoiffé, bénéficie d'une bonne bouille et d'un vrai capital sympathie, mais n'est absolument pas convaincant. Ensuite, la mise en scène : agitée, pleine d'idées, mais vaine en diable. Et puis ce scénario, sorte de version comique de La mort en ligne, avec un soupçon de Gremlins, qui ne pisse finalement pas très loin.
Hellphone est donc un film désespérément français, qui aimerait faire aussi bien que ses modèles, mais est stoppé tout net par une drôle de trouille. Ainsi donc, le téléphone acheté par le héros est diabolique et peut exaucer tous les souhaits? Ce qui devrait faire rêver tous les scénaristes fait bizarrement flipper James Huth et Jean-Baptiste Andréa, qui n'exploitent absolument pas l'énorme potentiel de leur pitch. Le téléphone se contentera de faire sauter des heures de colle et de faire danser un sale con tout nu dans un diner (l'un des nombreux hommages à Dante, Landis et compagnie). Il y a bien quelques morts à droite et à gauche, mais ils finissent écrasés par des camions ou tabassés à coups de pelle, rien de plus original. Hellphone est très représentatif d'un cinéma petite bite à la française.
Quelques scènes bien foutues, quelques clins d'oeil rigolards et deux ou trois autres petits détails suffisent à rendre le film pas totalement antipathique. En tout cas, il est clair que James Huth a raté son but. Il doit cependant garder espoir : après avoir consciencieusement raté ses trois premiers films, il ne peut que rebondir. Espérons.
4/10

9 oct. 2006

LE GRAND MEAULNES

C'est le genre de projet qui fout gravement les jetons. Un réalisateur de téléfilms, un livre culte pour vieux croûtons en quête de liberté, le héros des Choristes au coeur de tout ça... Trois craintes parmi tant d'autres, qui ne s'apaisent à aucun moment de ce Grand Meaulnes version 2006, monument de mollesse téléfilmique qui laisse plus que dubitatif.
Le grand Meaulnes sent l'encre de Chine, la brillantine et le Saint-Morêt. Ça commence comme une histoire d'amitié moisie entre deux camarades de classe, un tout propret (c'est Jean-Baptiste Maunier), et un rebelle au passé lourd de douleurs (c'est Nicolas Duvauchelle). Premier gros hic : il y a comme un énorme écart d'âge entre les deux petits mecs, censés n'avoir que trois ans d'écart dans le film. L'un n'a pas encore mué, l'autre arbore une barbe de trois jours. Pour la crédibilité, on repassera. Ça se gâte ensuite lorsque les années passent, et qu'à l'histoire de cette amitié aveugle vient se greffer un improbable imbroglio amoureux, qui donne lieu pourtant à la seule scène marquante du film (rencontre troublée entre Duvauchelle et la jolie Clémence Poésy). Là, outre la platitude de la mise en scène et l'inanité du propos, c'est une nouvelle fois Maunier qui fait rire tout le monde. À à peine quinze ans, jouer un instituteur moustachu relevait de l'impossible, sauf si le but était de faire rire.
Après un enchaînement de scènes dramatiques dignes d'une saga de l'été et une description de la guerre qui ne parvient pas à faire passer pour du minimalisme un manque de budget évident, le film de Jean-Daniel Verhaghe s'arrête enfin, comme un soulagement. Point positif : ça donnerait presque envie de lire le roman d'Alain-Fournier pour voir s'il est aussi mauvais que l'espèce de bouillie filmique qui en a été tirée.
1/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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