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29 juin 2009

VERTIGE

Après l'inénarrable Humains, voici qu'un autre film français se propose de faire dans l'aventure avant de basculer dans l'horreur. Inutile de fuir à grande enjambées, puisque le film d'Abel Ferry est un milliard de fois plus réussi que l'improbable nanar de Molon et Thévenin. On sent dès les premières minutes que Vertige, sans atteindre des sommets (jeu de mots involontaire), a tout pour être assez efficace et relativement convaincant : une mise en scène assez inspirée faisant oublier le maigre budget, de jeunes acteurs d'autant plus à fond qu'ils réalisent eux-mêmes leurs cascades... Et c'est parti pour une expédition de via ferrata - Ferrata était d'ailleurs le titre de travail du projet - qui, forcément, finira par mal tourner.
Dans sa première partie, Vertige tourne à plein régime et restitue à merveille les sensations procurées par la haute montagne, qu'il s'agisse d'exaltation ou de peur panique. Le personnage incarné par l'excellent Johan Libéreau est un vrai pivot du film : présent pour de mauvaises raisons, son personnage n'est jamais rassuré et finit même par disjoncter, ne supportant pas d'être seul au milieu de nulle part avec le vide sous ses pieds. On le comprend, et on vit avec lui chaque minute de son calvaire. Tant pis si les embûches proposées par le scénario sont relativement classiques (un pont suspendu qui tangue, une fixation qui lâche) : Ferry s'en acquitte avec aisance et crée une vraie tension.
La deuxième moitié du film, si elle n'est pas ridicule, est tout de même moins probante. Le basculement du film d'aventure vers le slasher - pourquoi pas - survient sans doute trop tôt, provoquant une frustration palpable. On aurait bien passé une demi-heure de plus à flanc de paroi, à observer les personnages se débattre avec leurs problèmes techniques et psychologiques. Mais c'est ainsi : et l'on se retrouve finalement avec nos 5 héros pris au piège de la montagne croate - si si - et de ses prédateurs. Si on ne cesse de regretter la partie 'vertige', ce second acte est tout de même assez réussi même si bien plus classique. Ferry fait parfaitement remonter l'animalité de l'être humain, rappelant - toutes proportions gardées - le traitement de Neil Marshall pour The descent. On tremble avec les personnages, on souffre avec eux, et Vertige de s'imposer comme un bon petit divertissement sans défaut majeur, qui fait de son réalisateur un nom à suivre et confirme que Fanny Valette est non seulement une femme magnifique, mais également une très grande actrice.




Vertige d'Abel Ferry. 1h24. Sortie : 24/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Tadah ! blog.

22 nov. 2008

HOME SWEET HOME

Si la musique peut transcender bien des longs-métrages, elle peut aussi constituer une vraie nuisance sonore capable de saper les efforts d'un réalisateur. Home sweet home est malheureusement victime de cette manie qu'ont certains metteurs en scène de surexploiter leur bande originale, quitte à gâcher des scènes pourtant pleines de potentiel. Il faut donc parvenir à passer outre l'omniprésence de ces morceaux ni bons ni mauvais, mais juste terriblement envahissants.
Ceci étant dit, Home sweet home est un film assez charmant, dont le ton avoisine celui de certaines comédies anglaises. Quatre personnages bien taillés, une vague intrigue policière, et un décor propice aux scènes cocasses en tous genres. Finement dialogué, le film bénéficie d'une interprétation de qualité, avec une grosse mention spéciale à l'irrésistible Alexandre Astier en commissaire buté et flanqué d’un adjoint sans cervelle (Raphaël Lenglet). Si l’intrigue ne va finalement pas très loin, elle est tout de même propice à une jolie réflexion sur la juste définition de la paternité. La génétique fait-elle tout, ou est-ce l’éducation qui prime ? Ce débat insoluble est mené tambour battant par Daniel Prévost et Patrick Chesnais, chacun dans son registre habituel, et dont le duo marche à plein régime.
Reste que tout ça ne va pas bien loin, et qu’on ne retrouve pas ici le Didier Le Pêcheur fantaisiste de Des nouvelles du bon Dieu, et encore moins l’auteur du poisseux J’aimerais pas crever un dimanche. Il est tout de même assez réjouissant de le voir revenir au grand écran dix ans après sa dernière réalisation, lui qui entretemps n’avait fait qu’écrire pour Elie Chouraqui. Espérons qu’Home sweet home ne constitue qu’un nouveau départ pour Le Pêcheur… et qu’à l’avenir il se calmera sur la musique.
6/10
(également publié sur Écran Large)

 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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