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25 juin 2008

LE TÉMOIN AMOUREUX

Je sais ce que vous pensez : il faut vraiment n’avoir rien d’autre à faire pour aller passer deux heures devant une comédie romantique interprétée par Patrick Dempsey, le docteur aux yeux de velours de la série Grey’s anatomy. La réponse tient en neuf mots : on est professionnel ou on ne l’est pas. La romcom est souvent barbante et usée jusqu’à la corde, mais certains films peuvent créer la surprise à condition de gratter un peu la couche de vernis sucré qui les recouvre. Le témoin amoureux ne fait malheureusement pas partie de cette catégorie, et plonge la tête la première dans la routine. Passé un premier quart d’heure assez amusant, narrant la rencontre de ceux qui seraient dix ans plus tard les meilleurs amis du monde (et plus si affinités), le film se contente de dérouler une trame archi-classique avec une certaine paresse et des difficultés visibles à trouver son style. En témoignent les tentatives répétées du scénario d’aller explorer à chaque fois un nouveau registre comique. Ça fonctionne aussi bien que faire jouer du Woody Allen par Jean-Marie Bigard : les vannes de cul sont grasses et éculées (pas de mauvais jeu de mots, merci) et le burlesque est réduit à néant par une mise en scène impersonnelle.
Côté gaudriole, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Et côté guimauve ? Pas beaucoup plus, à vrai dire. Propulsé demoiselle d’honneur au mariage de sa meilleure amie (ce qui est prétexte à une série de gags assez consternants sur les gays), ce fameux témoin amoureux va multiplier les ruses pour écarter le futur marié (un Ecossais moyennement avenant, comme dans Quatre mariages & un enterrement, film cité plus d’une fois) afin de ravir in extremis le cœur de celle qu’il aime d’amour. Dans ce genre de situations, deux possibilités s’offrent aux scénaristes : livrer un happy end clé en main, avec suspense jusqu’à la dernière seconde et ultime rebondissement trois secondes avant le ‘’oui’’ décisif, ou voir le héros se résoudre à laisser la femme de ses rêves épouser l’homme qu’elle aime, beau joueur et soucieux avant tout de son bonheur. Soit deux issues déjà vues mille fois chacune, et quasiment aussi agaçantes l’une que l’autre. Le témoin amoureux se conclura effectivement par l’une de ces deux fins, et ne se distinguera jamais par l’originalité ou la drôlerie des péripéties qui vont y mener.
Heureusement que la bonne humeur générale du film parvient à ne pas le rendre trop antipathique. Même s’il n’a pas la classe d’un Hugh Grant, Patrick Dempsey s’acquitte efficacement de son rôle, moins agaçant qu’en Derek Shepherd, le docteur qui cligne des yeux quand il est triste. Face à lui, Michelle Monaghan semble se spécialiser dans ce type de rôle, mais manque de personnalité et de charme pour vraiment s’imposer (elle était plus convaincante car sans doute mieux dirigée dans Les femmes de ses rêves). Enfin, le film donne l’occasion d’apercevoir pour la dernière fois le regretté Sydney Pollack, décédé il y a peu, et qui est à l’origine des scènes les plus amusantes du film. Même s’il aurait mérité un dernier film un peu plus classieux, il montre qu’outre de nombreux grands films, il fut également un acteur extrêmement attachant. Rien que pour lui, on conseillerait presque d’aller voir ce Témoin amoureux. Presque : on peut aussi rester chez soi et le revoir dans Maris et femmes ou Michael Clayton.
3/10

18 déc. 2007

IL ÉTAIT UNE FOIS

D'emblée, Il était une fois rend nostalgique. Si lointaine et à la fois si proche, l'époque des dessins animés en deux dimensions, certes naïfs mais souvent plus charmants que les grosses machines des années 2000. Très vite, on bascule dans une autre réalité, celle de notre monde moderne, où la chevalerie et les sentiments nobles n'ont plus vraiment leur place. Ce télescopage entre deux mondes incompatible est au centre du film de Kevin Lima, charmant divertissement Disney qui n'a sans doute pas volé son succès.
D'un tel film, on peut attendre une pléiade de défauts. Un excès de sentimentalisme, des gags pas drôles, une mise en scène inexistante... Étonnamment, chacun de ces écueils fatidiques est évité avec une grâce qui confine au miracle. L'ensemble est frais, sympathique, attrayant, souvent drôle. Et bénéficie de l'abattage de ses acteurs principaux, choisis pour leurs qualités et non pour leur popularité. Amy Adams est une princesse juste assez cucul pour n'écoeurer personne, agréable à suivre, délicieusement candide ; Patrick Dempsey est évidemment à l'aise dans son rôle favori de beau gosse futé mais pas rasé ; quant à James Marsden, il joue encore une fois les bellâtres, et c'est parfaitement crédible. Après Hairspray, il va falloir réviser son jugement sur cet acteur qui avait pourtant mal débuté sa carrière.
Le film souffre malheureusement d'une fin bien longuette, plus occupée à boucler son intrigue qu'à soigner ses personnages et ses situations comiques. Il n'empêche : Il était une fois, c'est le divertissement idéal pour les dimanches de pluie, de neige ou de grand vent. Un film qui pourrait même redonner le sourire aux adultes.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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