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10 nov. 2008

SAW V

On n'attend évidemment plus rien de la saga Saw, si ce n'est un sixième épisode au titre en forme de calembours déjà éculé. L'intérêt relatif de ce cinquième volet était de savoir comment les scénaristes allaient bien pouvoir rebondir étant donné que le fameux Jigsaw a passé l'arme à gauche dans le numéro 3 (le 4 n'étant en fait qu'un gigantesque flashback). La réponse proposée est plutôt futée, même s'il y a bien longtemps qu'on ne s'intéresse plus à l'intrigue de la série. Brodant une série de retours en arrière, qui reprennent malicieusement quelques scènes-clés des quatre films précédents, Saw V tente de faire naître une nouvelle légende, celle de l'homme qui tente de succéder à l'illustre redresseur de torts. Celui-ci étant interprété par une endive sur pattes (c'est un peu une constante depuis le premier épisode), le revival de la saga n'est pas assuré ; néanmoins, on peut s'amuser de l'inventivité des auteurs, qui essaient tant bien que mal de créer une nouvelle mythologie.
Ce qui attire dans Saw V comme dans les précédents films, c'est évidemment la case torture. De ce côté, les fans de gore risquent d'être déçus : les petites épreuves qui s'offrent aux candidats involontaires ressemblent désormais à du Fort Boyard mâtiné de Cube, avec une morale "l'union fait la force" des plus idiotes. Le sang coule, les pièges se multiplient, mais le procédé semble avoir atteint ses limites, livrant des traquenards au fonctionnement de plus en plus complexe mais à l'intérêt bien moindre. On peut aussi se réjouir (une fois de plus, tout est relatif) en voyant que Saw V joue la carte du profil bas au lieu de faire dans la surenchère crasse. Une impression qui ressort également de la conclusion du film, celle qui ressemble le moins à un twist final, mais davantage à une passation de témoin assurant un bel (?) avenir à une franchise ô combien lucrative. "Les cons, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît" : la citation d'Audiard s'applique aisément à une saga dont l'intérêt premier est son côté inexorablement foireux et bêtement imprévisible. Pour un peu, on aurait presque hâte de voir la suite.
3/10

21 févr. 2008

JOHN RAMBO

Un quart de siècle après ses premiers atermoiements, John Rambo rererevient. Le gros plein de muscles qui n'aime que flinguer tout ce qui bouge et pleurnicher en parlant du Viêtnam a élu domicile du côté de la Thaïlande. Il y mène une vie solitaire et sacrément intéressante : il attrape des serpents et fabrique ses propres couteaux. Le pied. Alors forcément, lorsqu'un groupe de missionnaires vient solliciter son aide, il finit par accepter, troublé par la jolie blonde du groupe (grosso modo la première femme qu'il entrevoit en dix ans). Cela lui permettra d'expliquer à qui l'ignorerait encore que la guerre, c'est moche, mais que buter des gens, c'est indispensable pour survivre. Un propos complètement con qui montre que Rambo et Stallone n'ont pas évolué d'un iota depuis les années 70.
Hors de question donc de considérer ce John Rambo comme un film politique : ou alors, il faut considérer que "Walker Texas Ranger" est une grande série démocrate. Mieux vaut donc se pincer le nez et se contenter d'apprécier ce pour quoi on est entré dans la salle. On était prévenu, et ça se vérifie : Stallone livre un film ultra-violent, une véritable boucherie excellement mise en valeur par le biais d'une mise en scène précise et efficace. Ce dernier point constitue le bonne surprise d'un film qui devrait servir de modèle à bien des réalisateurs de films d'action. Têtes qui éclatent, membres arrachés, tueries en série : John Rambo, ce n'est pas pour les enfants. Et il convient pour une fois de se satisfaire du caractère très tardif de cette foudroyante montée en puissance. Après avoir gentiment patienté pendant trois quarts d'heure ennuyeux et aux dialogues passablement ridicules, les personnages finissent par la fermer pour enfin défourailler dans tous les sens. Les amateurs de viande rouge apprécieront ; les autres pourront passer leur chemin en toute quiétude, John Rambo étant un film aussi creux et ordinaire que les opus précédents.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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