Dans L'expérience, son premier film, Oliver Hirschbiegel dénonçait lui aussi ces dangers, décrivant la lente dérive d'une expérience de ce type (sur le thème dominants - dominés, le tout se déroulant dans une fausse prison). Le principal tort de La vague est d'arriver quelques années après, exploitant trait pour trait les mêmes thématiques et les mêmes failles. D'autant que le scénario semble ici plus schématique, donc moins impressionnant : la construction sent trop le film "à thèse", avec introduction, développement en plusieurs parties et conclusion. Le script aurait sans doute fait un excellent mémoire de sociologie ; son passage à l'écran en agrandit cependant les quelques lourdeurs et facilités.
Reste que La vague a quelque chose d'assez inquiétant dans sa description d'une jeunesse si paumée qu'elle se raccroche à n'importe quoi pour se sentir exister. Et la lente et inexorable montée vers un drame que l'on pressent est par moments aussi étouffante que possible, surtout montrée à travers le regard intense de Jürgen Vogel, définitivement l'un des acteurs les plus intéressants de ces dernières années. Bien que manquant un peu de finesse, La vague est au minimum un thriller de qualité, à la plus-value pas inintéressante.
6/10
(autre critique sur L. aime le cinéma)