Affichage des articles dont le libellé est André Hennicke. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est André Hennicke. Afficher tous les articles

25 févr. 2008

LE LIBRE ARBITRE

Un film allemand de presque trois heures et racontant la tentative de réinsertion d'un violeur, ça ne vous dit rien? Dommage. Car Le libre arbitre est un film puissant, ni aussi intello-chiant que son titre le laissait présager, ni aussi long que sa durée le laissait indiquer. Le réalisateur-scénariste Matthias Glasner a beaucoup à raconter, à dire, à montrer, et livre un film d'auteur certes austère mais qui prend aux tripes dès la première image pour ne vous lâcher que lorsque les lumières se rallument.
Il faut évidemment avoir le moral pour entrer dans un film qui s'ouvre sur une longue et pénible scène de viol, où rien ne nous est épargné. Si au final les scènes de violence physique et/ou sexuelle se comptent sur les doigts d'une main, Le libre arbitre est tout du long un film très perturbant, aussi convivial que trois heures passées la tête dans un four. L'intrigue et le propos ne cessent de rebondir de façon habile et bigrement intelligente dans ce film absolument pas contemplatif, qui parvient à créer un réel suspense (pas ou peu malsain) quant à la destinée de ses deux personnages principaux, cet ancien (?) violeur fermement décidé à entamer une nouvelle vie et la jeune femme seule et perdue qu'il rencontre et finit par aimer.
Le libre arbitre pose des questions cruciales, à savoir si le changement est possible, si un violeur le reste toute sa vie, si le confort moderne suffit à faire disparaître les traces du passé. Matthias Glasner est sans doute le seul à épouser aussi bien le point de vue d'un délinquant sexuel, et refuse tout net de faire de son personnage principal une simple victime d'un psychisme un peu faible ou d'un système pas adapté. La preuve : il choisit de commencer son film par cette scène abjecte de viol afin de limiter fortement l'empathie possiblement créée par la rédemption qui suit. Si la dernière bobine cède un peu trop à un certain misérabilisme, la sobriété et l'intensité de l'ensemble font de Glasner un cinéaste à suivre, et de Jürgen Vogel un acteur de tout premier plan, lui qui illuminait déjà Le bonheur d'Emma.
8/10

14 nov. 2007

L'HOMME SANS ÂGE

L'auteur de ces lignes doit tout d'abord avouer ses péchés : il n'a pas vu les dix dernières minutes de cet Homme sans âge, trop occupé à sombrer dans les bras de Morphée. Quand monsieur Coppola lira ces lignes, qu'il en profite pour accepter mes excuses. D'un point de vue purement comptable, son film y gagnerait presque ; j'ai suffisamment de respect pour ne pas mettre 2/10 à un film dont j'ai raté la fin. Allez hop, Francis, je double ma note rien que pour me faire pardonner.
En même temps, Francis, puisque tu me lis, tu es quand même légèrement responsable de mon sommeil prématuré. S'il commence de façon fort intrigante, si Tim Roth s'empare brillamment de son rôle d'homme qui rajeunit, il faut bien avouer que tu as complètement perdu la main. Ta mise en scène dérive au gré de tes envies fantasques, ton sens du rythme est passé à l'as, et tu ne sais plus vraiment ce que tu racontes. Après trois quarts d'heure juste satisfaisants, où l'on demeure tout de même dans l'expectative, le film dérive dans une sorte de réflexion métaphysique sur l'origine de la vie, la puissance du langage, et mon cul sur la commode. C'est du rien, du vide, du faussement tordu pour BHL d'opérette, en tout cas, certainement pas du Bon Coppola. Tant pis pour la merveilleuse Alexandra Maria Lara, belle et émouvante malgré un personnage qui part à vau-l'eau. Désormais, à n'en pas douter, il faudra aller voir du côté de Sofia et Roman (n'oublions pas Roman) pour se nourrir de bon Coppola. Et ne plus dormir.
4/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz