Démarrant dans la forêt à l'époque où chasse et cueillette étaient les deux seuls jobs au monde, L'an 1 se terminera dans des contrées nettement plus reculées, à savoir Sodome (et Gomorrhe). L'occasion de revisiter quelques fameuses scènes remontant aux origines du monde, notamment celles consignées dans les évangiles, mais évidemment retaillées façon comédie. Mais le film ne trouve jamais son ton, hésitant sans arrêt entre parodie et burlesque, absurde et commedia dell'arte, Monty Python et Robins des Bois. On ne sait jamais sur quel pied danser et c'est l'agacement qui l'emporte, au gré de répliques parfois percutantes mais basculant souvent dans une provocation gratuite mais pas cinglante. Le rythme pâtit particulièrement de l'absence de structure du récit, qui n'est pas tout à fait un film à sketches, mais qui n'est pas vraiment le contraire non plus. Et l'on se souvient d'un Endiablé réalisé par Ramis il y a pas loin de dix ans, et qui souffrait exactement des mêmes maux... ainsi que de la lourdeur de Brendan Fraser.
Toute la différence se trouve dans l'interprétation : Michael Cera est impeccable dans la peau de la victime perpétuelle, rompant avec son statut de gentil boy next door pour se muer en une ridicule carpette aux cheveux longs. Mais le plus renversant n'est autre que monsieur Jack Black, dont les oeillades incessantes ne nous lasseront jamais, et qui a fait sa spécialité d'un langage corporel tout en rondeurs et en trémoussements. Ils sont idéalement épaulés par une poignée de seconds rôles rattachés de plus ou moins près à l'écurie Apatow (Paul Rudd, David Cross, Christopher Mintz-Plasse) et par un Vinnie Jones de plus en plus savoureux, alliant effroi et second degré avec une conviction fort naturelle. Lorsqu'au milieu du film tout ce petit monde se retrouve à Sodome et tente de cohabiter, le film démarre enfin ; l'intrigue segmentée empêche malheureusement la mayonnaise de prendre durablement, mais le plaisir pris par les acteurs à déambuler en peau de bête ou intégralement peints en or est forcément communicatif, faisant oublier le côté globalement poussif de ce tout petit An 1 qui ne fera pas date dans l'histoire de l'humanité.
L'an 1 : des débuts difficiles (Year one) de Harold Ramis. 1h27. Sortie : 12/08/2009.
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