Affichage des articles dont le libellé est Elli Medeiros. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Elli Medeiros. Afficher tous les articles

4 déc. 2008

LEONERA

Profitons de la sortie de Leonera pour revendiquer haut et fort le droit de passer à côté de certains films. Il est très difficile de dire du mal du film de Pablo Trapero, qui explore avec dignité un sujet délicat - l'enfermement d'une femme. Avec sobriété, le cinéaste argentin filme chacune des étapes de la vie carcérale de Julia, bravement interprétée par Martina Gusman. On commence d'un point A (le drame de début de film, qui entraîne l'incarcération) et on n'oublie aucune phase pour arriver consciencieusement au point B (qu'on aura suffisamment de tact pour ne pas révéler). Le réalisateur énonce pas mal de vérités et d'interrogations sur la condition des prisonnières, notamment lorsqu'elles sont non seulement femmes mais mères. Un sujet qui occupera toute la deuxième moitié du film.
Mais voilà : il est donc parfaitement possible, une fois de temps en temps, de passer à côté d'un film. Ça peut être la faute du spectateur, qui se met tout à coup à penser à autre chose, à avoir envie d'aller faire des courses ou de se taper un hot dog (surtout pendant la séance du matin). On peut aussi attribuer une part de responsabilité à ces réalisateurs qui s'emparent de sujets inattaquables et les traitent avec une sobriété qu'on pourrait appeler du courage (parce qu'à l'inverse de Steve McQueen, personne ne peut accuser Trapero de tomber dans le procédé), mais qu'on peut aussi appeler de la tiédeur. Ça s'appelle Leonera, ça dure pratiquement deux heures, et ce n'est pas dans ces lignes que vous saurez s'il faut y aller ou non.
4/10

8 juil. 2008

MADE IN ITALY

On l'a encore entendu récemment en plein commentaire d'un match de football : les italiens ne sont bons que pour cuisiner les pâtes. Une affirmation née d'une réelle étude sociologique et d'une connaissance fouillée de l'Italie. On serait tenté de dire "ah, les footeux, quelle bande de gros beaufs sans cervelle", sauf que d'autres qu'eux aiment à plonger la tête la première dans les clichés et ce schématisme qui les rassure tant. Lui-même un peu italien sur les bords, et paraît-il cinéaste, Stéphane Giusti charge la mule avec ce Made in Italy qui plonge la tête la première dans la caricature et ne parvient même pas à faire de son film une comédie de boulevard supportable.
Certains vous diront que Giusti s'amuse du milliard de stéréotypes qui reviennent régulièrement sur les transalpins et les exploite pour mieux les tourner en dérision ; c'est faire bien trop d'honneur à un téléfilm aussi mal écrit que réalisé, qui laisse à penser que son auteur se croit suffisamment drôle pour ne pas avoir à se soucier d'un quelconque fil conducteur. Cette histoire de funérailles qui tournent au règlement de comptes sauce bolognaise, Giusti s'en moque au moins autant que nous, si bien que tout le monde se demande ce qu'il est venu faire là. Seul Gilbert Melki parvient un temps à donner le change. Même s'il est assez consternant qu'un tel acteur vienne mettre les pieds dans un tel marasme, sa présence est assez salutaire, puisque quelques scènes lui donnent l'occasion de jouer de son regard très noir et très blasé avec la classe qui le caractérise. Ce n'est pas le cas des seconds rôles, principalement féminins, qui l'entourent (car c'est bien connu, en Italie les foyers sont des harems) : de Caterina Murino à Amira Casar, elles sont toutes absolument nulles, ni convaincues ni dirigées.
Ceux qui n'ont rien de mieux à retenir se souviendront des précédents du réalisateur : une comédie potentiellement énorme mais toute molle et ratée (Pourquoi pas moi ?), puis un drame faussement grandiloquent et politique sur l'Italie (Bella ciao, quel sens du titre). Made in Italy est une parfaite synthèse de ces deux ratages, et scelle la carrière d'un réalisateur qui n'a rien à dire ni à raconter. Qu'il retourne bien vite à la case téléfilm.
2/10

24 mai 2007

APRÈS LUI

Pour tenter de surmonter la mort d'un fils, certains écoutent sa chanson favorite ("By this river" de Brian Eno dans La chambre du fils), d'autres prennent sous leur aile le responsable du décès (comme Olivier Gourmet dans Le fils). Dans Après lui, Catherine Deneuve fait les deux. Autant dire que le sujet n'est pas vraiment neuf ; pourtant, Gaël Morel le traite comme s'il était le premier à le faire. Cela constitue à la fois la force et la limite de son film : cette façon de parler la mort comme s'il venait de découvrir son existence est à la fois salvatrice et singulièrement agaçante.
Comme dans ses précédents films, Gaël Morel fait preuve d'une jolie finesse dans la description des rapports humains, tout en se montrant excessif dans la dramaturgie. Il y a dans Après lui trop de symboles forcés (les scènes avec l'arbre), trop de crises de larmes pour que la compassion du spectateur soit totale. La bande originale stéréotypée (envoyez les violons) et la mise en scène souvent pompière (Morel se regarde un peu filmer), sont les preuves édifiantes du manque de maturité du garçon. Dommage : se donnant corps et âme à son beau personnage, Catherine Deneuve fait des merveilles. Elle n'avait pas été aussi magnifique depuis (au moins) Place Vendôme. Face à un tel monument, le jeune Thomas Dumerchez semble un peu faux, malgré une bonne volonté évidente.
On craint longtemps que, emporté par sa fougue de jeune cinéaste, Gaël Morel aille vraiment trop loin et livre une fin ridiculement choc pour tenter de traumatiser le public. Mais non : en fin de course, Après lui tend à s'apaiser, sans doute par la grâce du coscénariste Christophe Honoré, modèle de retenue dont, à l'avenir, Morel ferait bien de s'inspirer un peu plus. Moretti et les Dardenne peuvent dormir tranquilles : n'est pas encore né celui qui racontera le deuil mieux qu'eux.
5/10
(également publié sur Écran Large)
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
© 2009 TOUJOURS RAISON.. Tous droits réservés
Design by psdvibe | Bloggerized By LawnyDesignz