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11 juin 2009

SUNSHINE CLEANING

Présenté à Sundance et à Deauville, Sunshine cleaning constitue en effet l'intersection parfaite entre les aspirations des deux festivals. D'un côté, la recherche d'histoires singulières et de réalisateurs indépendants ; de l'autre, une quête d'interprètes américains en devenir et d'univers tendres, drôles, qu'on pourra vendre en tant que « nouveau Little miss Sunshine ». Impression renforcée par la présence d'Alan Arkin en grand-père fantasque, par l'opportuniste Sunshine du titre et par le nom des producteurs (ce que ne manque pas de préciser l'affiche).
Ça commence donc sur un postulat original, et de façon plutôt gonflée : après avoir assisté lors du prologue au suicide éclaboussant d'un jeune homme, on suit la création de l'entreprise de nettoyage de scènes de crime (et autres) par deux soeurs qui n'en veulent. Passé l'attrait de la découverte (le sang ça colle, la mort c'est sale, la saleté ça pue), Sunshine cleaning s'enferme très vite dans une mécanique de comédie mélancolique où les personnages passent davantage de temps à pleurnicher qu'à nous faire rire. Amy Adams y révèle un vrai talent de pleureuse, mais c'est à peu près tout ; en revanche, Emily Blunt est absolument craquante dans le rôle de la petite soeur un peu bougonne. Tout comme Alan Arkin excelle dans un rôle hélas déjà vu, à la folie bien trop encadrée.
Le film de Christine Jeffs n'a rien de désagréable et se voit sans trop d'ennui, mais n'a finalement rien de bien emballant avec ses allures de gros catalogue de ce qu'il faut trouver dans un film indépendant. Alors : un petit garçon mignon mais un peu taré, un minivan, un raté attachant (à mettre ici au féminin)... On pourrait dresser une liste longue comme le bras, à laquelle il convient d'ajouter le fameux « j'ai pas eu la mère que je méritais », qui colle ici à tous les protagonistes. Même le drôle de vendeur manchot incarné par Clifton Collins Jr. n'est pas exploité comme il se doit. heureusement, que chacun se rassure, tout se terminera bien, alors qu'une série d'infortunes aurait pu laisser penser que non. Côté morale, suspense et esprit, Sunshine cleaning ressemble en fait au Club des cinq, le chien Dagobert en moins.




Sunshine cleaning de Christine Jeffs. 1h20. Sortie : 10/06/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.

5 avr. 2009

LES CAVALIERS DE L'APOCALYPSE

Fans du Résurrection de Russel Mulcahy et du Intraçable de Gregory Hoblit, ruez-vous donc sur ces Cavaliers de l'apocalypse dont le seul point fort est une affiche aussi belle qu'intrigante. Pour le reste, le deuxième film du clippeur Jonas Åkerlund (après le curieux Spun) ressemble trait pour trait au demi-milliard de pseudo thrillers qui encombrent nos écrans depuis des années et des années, pensant marcher sur les traces de Se7en et du Silence des agneaux. Ce n'est pas la modestie qui étouffe le scénariste : celui-ci fait d'ailleurs preuve d'une certaine ambition en obtenant les aveux du vilain tueur au bout d'une petite demi-heure. Un parti pris décidément à la mode, puisque The chaser usait il y a peu de la même recette. Mais ici, pas de duel psychologique, juste une course poursuite à distance avec les autres méchants qui rodent. S'inspirant des quatre cavaliers de l'apocalypse, les meurtres ont en effet plusieurs coupables, d'où un désintérêt immédiat : comment se passionner pour un film de serial killer si ce n'en est même pas un ?
Platement filmée par Åkerlund, la suite n'est que maigres rebondissements et révélations sans relief, jusqu'à un final ambitieux mais singulièrement raté. Après avoir lourdement insisté sur les problèmes familiaux du héros flic (un veuf qui délaisse ses gosses pour son job, comme c'est original), le script tente de lier ces scènes à la partie thriller, dans une sorte de marmelade sociale sur le thème bien connu de « les enfants, c'est important » (laisse pas traîner ton fils, comme dirait l'autre). Pas convaincante pour deux sous, cette conclusion pousse encore davantage le film dans un tourbillon d'ennui.
C'est que Les cavaliers de l'apocalypse n'est même pas assez nul ou ridicule pour susciter l'hilarité et justifier le fait de louer le DVD un samedi soir. Les scènes de boucherie sont immobiles, le grand guignol pas assez poussé, les interprètes trop sages (sauf une Zhang Ziyi déchaînée). Pas de quoi se moquer plus que de raison, d'autant que le film est mené par le grand Dennis Quaid, qui s'échine à balbutier sa carrière, mais qui parvient une nouvelle fois à se sortir indemne de ce mauvais film. C'est sans doute ce qu'on appelle la classe. Il n'empêche : on aimerait le voir de temps en temps dans un bon film, histoire de casser la routine.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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