L'idée est belle, mais le traitement l'est malheureusement moins. Ultimate game débute de façon tonitruante, un peu comme un shoot'em up sous ecstasy, plongeant le spectateur au coeur du chaos. Balles qui sifflent, explosions à la chaîne, dégommage en règle : tout y passe. Les dix premières minutes sont aussi séduisantes que fatigantes : le style des réalisateurs est hallucinant, chaque plan semble bourré d'idées neuves, mais l'ensemble donne le tournis tant il donne l'impression d'avoir réellement vécu l'enfer du héros. S'ils replongent régulièrement dans cette frénésie filmique, Neveldine & Taylor se calment néanmoins par la suite ; on devrait les en remercier, mais ce sont finalement les regrets qui priment.
Car dès qu'il baisse de rythme, même volontairement, Ultimate game laisse apparaître le grand n'importe quoi de son scénario, et surtout l'incapacité de ses auteurs à raconter une histoire de façon intelligible. Dopés à l'adrénaline, les deux Hypertension allaient à 200 à l'heure de part en part, et cette vélocité créait une urgence qui suffisait amplement. Ici, le film finit par prendre davantage son temps, ayant visiblement des choses à dire et pas simplement une petite histoire à raconter. Catastrophe : le récit s'étiole, les personnages secondaires se délitent, la logique part en fumée. Il faut alors attendre les pétages de plomb réguliers des personnages pour prendre un peu de plaisir et ne pas trouver carrément chiant ce qui aurait dû être le divertissement le plus fun qui soit.
Heureusement il y a Michael C. Hall : même si sa carrière ciné ne démarre pas sous les meilleurs auspices (c'est son deuxième film après Paycheck, et il a refusé Wolverine in extremis), l'interprète de Dexter Morgan et David Fisher - excusez du peu - démontre une aisance incroyable dans la peau du bad boy de service, grand manitou de l'informatique qui pourrait bien devenir maître du monde. Il y a dans ses yeux quelque chose de fou, d'inquiétant et de terriblement séducteur. On aurait presque envie de le laisser vaincre le gentil héros, interprété par un Gerard Butler qui a les mêmes bajoues que Marlon Brando dans Le parrain mais pas le même talent. Comme dans 300, il joue les monolithes, et c'est de loin ce qu'il fait de moins mal ; mais sa prestation bien fade fait regretter un Jason Statham très à l'aise dans les Hypertension.
Ultimate game (Gamer) de Mark Neveldine & Brian Taylor. 1h45. Sortie : 09/09/2009.