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25 sept. 2008

WACKNESS

Un psy plus fêlé que ses patients. Un petit dealer qui paie les consulatations en sachets d'herbe. Leurs échanges. Leur rapport à la vie, à l'amour, au sexe. Pas si vite. Wackness n'est pas le film indé déjà vu auquel ce maigre résumé peut faire penser. Le film de Jonathan Levine est une vraie merveille, faisant du neuf avec des thèmes abordés dans deux films sur trois. Et c'est vraiment beau. Débutant comme un truc un peu fashion, avec ses plans trop beaux pour être honnêtes et sa reconstitution de l'époque (le film se déroule il y a une quinzaine d'années, quand Notorious B.I.G., Forrest Gump et la Game Boy étaient au centre des préoccupations des jeunes), Wackness dérive peu à peu vers un ton plus désenchanté, moins poseur, et immédiatement séduisant. On suit en parallèle les premiers émois amoureux du jeune Luke (Josh Peck, excellent), qui gère son business comme un grand mais se révèle beaucoup moins sûr de lui lorsqu'il s'agit de conter fleurette à la belle-fille du psy (et si Olivia Thirlby était la prochaine Scarlett Johansson ?). Quand à l'analyste (Ben Kingsley, fabuleux cabotin), il fume de la beu pour oublier que son mariage avec un canon (Famke Janssen) n'est plus qu'une illusion. Tous ces sujets sont traités avec une sorte de mélancolie toujours légère, de celles qui vous entraînent sans prévenir. Passionnant et fou comme un roman de John Irving (mais sans les ours ni les morts atroces), Wackness touche au coeur et à l'âme.
Les mixtapes, les soirées arrosées, l'obsession du sexe : mieux que beaucoup d'autres, Jonathan Levine traite de l'adolescence sous ses aspects les plus futiles mais aussi les plus importants, montrant des teenagers pressés de grandir mais tout de même assez flippés à l'idée de devenir des adultes aussi pathétiques que leurs parents. Un constat assez terrible, qui fait de la vie une impasse, impossible à traverser sans heurts mais qui, au bout du compte, vaut la peine d'être vécue. Pour une fois, l'enchaînement de fausses fins qui constitue la dernière bobine de Wackness a quelque chose de vraiment appréciable, voire salvateur, montrant que même les épisodes les plus indigestes d'une existence doivent garder leur place dans nos mémoires. Porté par un casting qui étonne et détonne et par une mise en scène dont la puissance ne cesse d'aller crescendo, voilà le plus belle surprise de ce mois de septembre.
8/10

23 sept. 2008

LOVE GOUROU

L'humour con, ça passe ou ça casse. Dans Love gourou, clairement, ça casse, et c'est presque étonnant. Parce qu'on a pu constater par le passé que Mike Myers savait y faire, notamment au gré de la série des Austin Powers, répétitive en diable mais diablement groovy, avec sa délicieuse ambiance vintage et ses vannes très en-dessous de la ceinture. Sur le papier, le film de Marco Schnabel avait donc tout pour connaître le même succès et la même réussite ; à l'écran n'apparaît pourtant qu'une vague comédie hypra lourde et ultra éculée. Visiblement encombré par son appendice nasal, Myers est très pataud en gourou de l'amour, et se révèle bien moins percutant qu'un Will Ferrell ou un Ben Stiller. Quant au scénario qu'il a coécrit, c'est un enchaînement de scènes déjà vues ailleurs et en mieux.
Love gourou, c'est d'abord des personnages sans épaisseur. Celui qu'interprète Justin Timberlake en est le plus bel exemple : un hockeyeur canadien et pourvu d'un sexe de cheval (à tel point qu'il frappe le sol lorsqu'il se déroule). Et c'est tout : pendant une heure et demie, son seul ressort comique sera de déballer et remballer cet organe qu'on ne verra évidemment jamais à l'écran. Idem pour le gourou, dont la ceinture de chasteté sonne le tocsin lorsqu'il croise une Jessica Alba encore plus transparente que d'habitude, même lorsqu'elle participe avec ardeur à une parodie de musical bollywoodien. Verne Troyer joue un nain, sorte de Mini-moi en pas drôle ; Ben Kingsley est un pathétique grand gourou dont le seul "attrait" est son strabisme. Et caetera. Peu de personnages, un gag chacun : on trouvera vite le temps très long devant ce spectacle mou du genou et pas inspiré, qui a récolté un bide mérité partout où il est sorti. Espérons que Myers retrouve l'inspiration avec un Austin Powers 4 qu'on espère dopé au mojo.
2/10

16 sept. 2007

LA DERNIÈRE LÉGION

Il ne faut pas prendre les enfants à la légère. C'est à la fois le message de La Dernière légion et le leitmotiv de ses producteurs. Assumant pleinement son statut de film pour moins de douze ans, le film de Doug Lefler concilie parfaitement son aspect éducatif fort louable (façon Le Roi Arthur pour les nuls) et son envie de divertir. Objectif : que du haut de leurs sièges surélevés, les mioches en prennent plein les mirettes et sortent avec l'envie d'en savoir plus. Et tant pis si les adultes font la fine bouche devant cette version simplifiée (mais pas trop simpliste) et édulcorée (le sang coule très peu) des contes de la Table Ronde.
Exécuté avec un grand sérieux, dans le respect du jeune spectateur, La Dernière légion est cependant un spectacle très frais, mignon comme tout, laissant transparaître à chaque plan le vrai plaisir pris par chacun de ses protagonistes. Colin Firth a définitivement la classe ; Ben Kingsley s'amuse à imiter David Carradine dans Kung-fu ; quant à Aishwarya Rai, aux antipodes de ses sempiternelles œillades bollywoodiennes, elle livre une prestation séduisante en garçonne casse-cou. L'occasion pour les jeunes garçons de connaître leurs premiers émois – soft bien sûr : leurs pupilles devraient se dilater pendant la scène où la belle sort de l'eau, tunique humide collée au postérieur.
Alors qu'importe la pirouette finale un peu inutile ou les quelques raccourcis scénaristiques : La Dernière légion constitue un joli éveil à l'Histoire et au cinéma, et devrait convaincre sans peine les petits curieux qui voudront bien se jeter dans l'aventure. Pour une fois qu'ils ne sont pas pris pour des imbéciles…
6/10
(également publié sur Écran Large)

29 juin 2006

SLEVIN

Le film le plus long de l'année dure une heure et quarante-neuf minutes. Apparemment influencé par Danny Boyle et surtout Guy Ritchie, Paul McGuigan livre avec ce Slevin un calvaire total, un film bavard et prétentieux comme on en a rarement vu (hormis le Revolver de Ritchie, justement).
Le schéma du film est simple. D'abord, une bonne heure à mettre en place un imbroglio policier (dont on se contrefiche) en étalant sans vergogne des scènes de dialogues interminables et indéchiffrables. Et ça pipelette, et ça fait son malin, et on attend que le film commence. Arrive alors la "clé" du film, le twist-final-mais-pas-si-final-que-ça : un retournement se situation complètement prévisible, puisque l'ensemble pue tellement la frime depuis le début qu'on s'attendait à cette surenchère forcée. La dernière demi-heure, un peu moins soporifique que le reste, explique minutieusement le pourquoi et le comment de ce coup de théâtre foireux. Sauf que le spectateur pas con a tout compris depuis belle lurette.
Comédie d'action sans action (et sans trop de comédie), Slevin fait sacrément souffrir. D'autant que le casting, de Bruce Willis à Josh Hartnett, semble s'en moquer au moins autant que nous. Heureusement, il y a Lucy Liu qui, pour une fois, ne joue pas une peste. C'est évidemment insuffisant pour donner un quelconque intérêt à cette pâle resucée de films déjà pas fameux.
1/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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