Vaporeux, filmé plus que simplement avec juste quelques split-screens pour faire joli, le film semble ne faire que dans l'anecdote, alignant les petites histoires et les personnages sympathiques mais semblant ne rien raconter d'important. Inhabituel de la part d'un Ang Lee qui a toujours su, par le biais de son scénariste James Schamus, donner du corps à ses sujets, en accroître l'intérêt en transcendant le fond. C'est la désorientation qui prime, d'autant que le film n'est visiblement pas assez drôle pour se contenter de n'être qu'une comédie. Ce n'est qu'au fil des scènes, à mesure que l'on s'installe dans ce petit univers champêtre et détendu, que l'ensemble commence enfin à prendre forme et à se trouver une justification : le film décolle enfin lorsque le héros cesse de regarde ses chaussures et décide de profiter de la fête, de s'affirmer un peu, et de profiter du contexte pour passer enfin à l'âge adulte. Non seulement les débuts flottants prennent une autre signification, mais tout ce qui suit devient réellement délectable.
C'est par quelques passages obligés évoquant la drogue, la libération sexuelle et tout ce qui fait l'esprit Woodstock que le personnage principal prend enfin confiance. La prestation de Demetri Martin est si parfaite que se crée alors une proximité sentimentale avec ce petit mec qui a besoin de dire merde à ses parents, de crier haut et fort son homosexualité, et de se lâcher un peu au lieu de vivre comme un vieux. Hôtel Woodstock s'achève très joliment par cette description d'une libération individuelle s'inscrivant au coeur d'une révélation collective. En intégrant la petite histoire dans la grande, Lee et Schamus ont trouvé, certes un peu tard, l'identité de leur film, qui manque un peu de corps mais gagnera à être revu, rien que pour apprécier encore une fois la qualité supérieure de l'interprétation.
Hôtel Woodstock (Taking Woodstock) d'Ang Lee. 2h. Sortie : 23/09/2009.
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