Mais voilà : d'un bout à l'autre, le film se contente de rester à la surface des choses, racontant les évènements sans jamais s'y impliquer, comme on relaterait des faits divers. Et les rares moments d'émotion semblent bien maladroits, jamais dans le tempo, avec trop de pleurnicheries ou pas assez. On se désintéresse progressivement de cette histoire dépourvue de chair et de passion qui pâtit en outre de la faiblesse de l'interprétation des jeunes comédiens. Les deux amants maudits de l'affiche sont en effet d'une rare transparence, et c'est bien gênant lorsqu'il s'agit d'insuffler un élan tragique à un film.
Tout n'est pas mauvais pour autant dans ce petit drame certes assez prévisible : Ronit Elkabetz est une nouvelle fois magnifique en mère courage qui voit malheureusement sa famille lui échapper. Et Keren Yedaya excelle à donner du corps à cette ville de Jaffa, théâtre fermé de ce drame façon Roméo et Juliette décentralisé en Israël. Enfin, même si les choix effectués par l'héroïne sont assez discutables, c'est parce que le scénario n'hésite pas à prendre parti, à faire des choix bien marqués au lieu de jouer la tiédeur et le consensus. Insuffisant cependant pour rendre l'ensemble réellement convaincant, ce qui ne doit pas empêcher de continuer à suivre cette jeune réalisatrice capable de faire des merveilles.
Jaffa de Keren Yedaya. 1h45. Sortie : 10/06/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur Tadah ! blog.
3 commentaires sur “JAFFA”
Woh woh woh quel est le fuck, pourquoi un tel virage éditorial et esthétique ?!
Je suis en vacances depuis avant-hier, donc je m'ennuie.
Rhaaa Ronit Elkabetz !!! Ceci dit, c'est vrai, ce Jaffa est décevant, d'autant plus après ce Or, Mon Trésor qui était un véritable chef d'oeuvre. Mais j'ai eu bcp de plaisir à retrouver Dana Ivgy, que je trouve très prometteuse.
(et à propos de Ronit Elkabetz, elle est de nouveau à l'affiche ce mois-ci !)
Enregistrer un commentaire