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20 avr. 2008

DOOMSDAY

Après l'étouffant The descent, Neil Marshall décrit un autre type de claustrophobie : celle qui nous atteindra tous un jour ou l'autre si le monde continue à faire n'importe quoi. Cette fois, c'est l'idée même d'être enfermé dans cet univers trop petit qui devient la plus grande angoisse qui soit. Par le biais d'un style un peu bis et très référencé (Mad Max, Carpenter, tous ces trucs qui font rêver les quadras nostalgiques), Marshall décrit une apocalypse de proximité, aussi délirante que crédible. Le point de départ (l'Écosse est mise en quarantaine pour enrayer la progression d'un virus imbattable) n'est qu'un prétexte pour partir en voyage dans ce monde où la normalité et la marge ne font plus qu'une.
Doomsday, c'est donc un gros plaisir coupable qui assume pleinement son côté bourrin et ses nombreuses influences, part dans tous les sens sans jamais se retourner, et revendique haut et fort son statut de fourre-tout débile et inquiétant. À la tête du film, Rhona Mitra est juste parfaite, jouant idéalement sur l'ambivalence de son personnage, à la fois ultra sexy, ultra masculine, et finalement assez émotive. Dans le royaume underground des punks comme dans les douves de pseudo-chevaliers, cette Eden Sinclair est pleinement à son aise, distribuant les pains comme d'autres la bonne parole, tranchant des têtes comme si c'était la routine. Mais sans ce côté ennuyeusement cool qui fit un temps le succès de personnages surécrits à la John McClane. Doomsday est un film absolument pas recommandable, puisqu'il risque surtout de provoquer le rejet chez une majorité de spectateurs, fans ou pas du genre (mais quel genre ?). On souhaite que Neil Marshall continue à faire ce qui lui passe par la tête : il y a visiblement du très bon sous ce crâne-là.
8/10

9 oct. 2007

HALLOWEEN

On ne compte plus les épisodes d'Halloween, saga horrifique rapidement ornée du sceau de la médiocrité. Après le film de Carpenter, les suites insipides se sont succédées, sans jamais retrouver l'inspiration du premier volet, si bien que face à l'indifférence du public, on a fini par mêler Michael Myers à un jeu de télé-réalité. C'était dans Halloween resurrection en 2002, et s'il ne s'agissait pas du plus mauvais épisode, c'était en tout cas le plus édifiant.
Arrive Rob Zombie, nouvelle coqueluche du cinéma morbide, moins spécialiste de l'horreur pure que du malaise insidieux. En deux films (La maison des 1000 morts et surtout The devil's rejects), Zombie s'est imposé comme le successeur indéniable du Wes Craven de la belle époque (celle de La dernière maison sur la gauche et La colline a des yeux). D'où la joie palpable du fan lorsqu'il apprit que le nouveau Halloween lui serait confié. Notez les guillemets : un temps appelé (de façon stupide) Halloween 2007, ce film-là a plus des allures de refonte du film de Carpenter plutôt que d'énième suite pour mangeurs de pop-corn. Idée géniale : transformer un slasher en biographie quasi réaliste, donner un vrai visage à Myers, et humaniser la bête pour la rendre encore plus effrayante.
Les amateurs de portes qui grincent et de filles à gros poumons qui courent en hurlant risquent d'en être pour leurs frais : si le sang gicle bel et bien dans Halloween, Zombie se refuse à ajouter un cadavre toutes les dix minutes, préférant une construction crescendo qui suit de façon crédible l'évolution du jeune tueur. Avec le même esprit que dans ses précédents films, l'humour macabre en moins, il livre un portrait glaçant et convaincant presque de part en part. On sursaute finalement assez peu, mais le malaise s'insinue pour longtemps dans les crânes. Et Zombie de s'imposer définitivement comme un maître en la matière, et de faire de ce Halloween un digne successeur du film de Carpenter. En espérant que l'on nous dispense d'une nouvelle flopée de suites inutiles...
8/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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