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14 mars 2007

LE COME-BACK

Ça commence on ne peut mieux, par un clip façon eighties du groupe PoP, idole des foules d'antan. Ringarde à souhait, parodique tout en restant extrêmement réaliste, cette première séquence met la barre si haut que le film manque de ne pas s'en relever.
Il faut dire que Marc Lawrence n'est pas Richard Curtis. Mais, finalement, est-ce si gênant? Il suffit d'avoir Hugh Grant dans sa comédie romantique pour que les défauts du film soient immédiatement gommés. D'autant qu'il a hérité d'une partenaire de choix, Drew Barrymore, qui fait ici penser à une sorte de Sandra Bullock (Grant girl dans le précédent Lawrence, L'amour sans préavis) en plus bombasse, en plus drôle, en plus tout. Leur duo fonctionne à plein tube, et l'on se passerait presque de scénario. De sarcasmes répétés en réparties qui tuent, Le come-back tient debout simplement grâce au Lawrence dialoguiste et à l'abattage du couple vedette.
Si côté construction scriptique il n'a rien d'un foudre de guerre, Lawrence a au moins eu une idée de génie : faire de Hugh Grant un has-been sympa chargé d'écrire un tube en 48 heures pour une cousine spirituelle (?) de Britney et Shakira. Le monsieur n'ayant aucun talent de parolier, il fait appel à la fille-qui-arrose-ses-plantes. Ça donne de jolies variations sur les affres de la création, et une jolie lutte entre les pro-paroliers et les pro-compositeurs. Ensuite, même si le scénario patine un peu, on s'en cogne. Le charme ne peut être rompu, et le côté fleur bleue de l'ensemble (essayz donc de faire plus à l'eau de rose que la scène du concert) a même tendance à transcender la midinette qui est en nous (si si). On est furieusement favorable à une troisième collaboration entre Lawrence et Grant. Surtout si quelqu'un engage un vrai bon scénariste...
7/10

8 juin 2006

AMERICAN DREAMZ

Après quatre films, American Pie apparaît désormais comme un intrus dans la filmographie des frères Weitz (qui, comme les Coen, ont d'abord réalisé en duo avant que Chris ne se contente de produire pour laisser Paul à la caméra). Pensez donc : une pantalonnade ado-sexuelle au milieu de trois formidables comédies douces-amères (Pour un garçon, En bonne compagnie, et cet American Dreamz). Et le fait qu'ils continuent dans cette dernière voie est une excellente nouvelle.
Comme les deux films précédents, American dreamz parvient à mêler tendresse et cynisme, avec une pointe de cruauté, pour arriver à son but ultime, faire rire. Certains ont accusé le film de ne pas être aussi subversif qu'ils l'auraient souhaité. C'est sûr qu'avec un tel sujet, on aurait pu livrer un brulôt ultra-acide : pour soigner sa déprime et relancer sa popularité, le président des Etats-Unis accepte de faire partie du jury de la "Nouvelle Star" US. Seulement, les mauvaises langues oublient que Paul Weitz n'est pas un cinéaste politique, mais un entertainer de première qualité, dont le but est de faire rire et pas de faire du Michael Moore.
Et en effet, on rit. En plus de suivre le président (Dennis Quaid) et son conseiller (Willem Dafoe), le film conte les destins croisés du présentateur désabusé (Hugh Grant) de l'émission et de deux candidats hauts en couleur (Mandy Moore et Sam Golzari). Cinq personnages, et autant d'acteurs tellement géniaux qu'il serait scandaleux de citer l'un plutôt que l'autre. C'est gentiment caricatural (mais ça semble volontaire), c'est extrêmement caustique, c'est souvent surprenant (lorsque la pouf blonde se révèle être un adorable monument de cynisme)... Au final, pas sûr qu'American dreamz délivre un message d'une profondeur extrême. En revanche, c'est un divertissement haut de gamme comme il n'en tombe pas du ciel toutes les semaines.
7/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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