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29 juin 2007

GOMEZ VS. TAVARÈS

Gomez vs. Tavarès réinvente la notion même de douleur, humiliant le spectateur à tel point qu'il n'ose plus sortir de la salle, ayant perdu toute espèce de dignité. La quatrième réalisation de Gilles Paquet-Brenner (en collaboration avec Cyril Sebas, il fallait bien cela) est une véritable diarrhée filmique, une apologie surréaliste de la médiocrité. Tel Saint-Thomas, il faut le voir pour le croire : même si l'on n'attendait évidemment rien de la suite d'un Gomez & Tavarès déjà plus que dispensable, il est difficile d'imaginer à quel point ce film (?) est un calvaire. La France a beau être une grande spécialiste de la comédie policière navrante, on n'a tout bonnement jamais vu ça.
Parce que la place viendrait rapidement à manquer s'il fallait établir une liste exhaustive de tout ce qui fait la nullité cosmique de Gomez vs. Tavarès, on se contentera d'énoncer quelques éléments fort représentatifs de ce calvaire total. Saluons d'abord l'exploit de Titoff, qui détrône le Smaïn du Schpountz pour le titre de pire prestation comique de l'histoire. Une distinction qui semble ravir Paquet-Brenner, lequel semble avoir pensé sa dernière œuvre comme un croisement entre Miami vice et Taxi. À Michael Mann, il emprunte allègrement plans et ambiances, faisant joujou avec les filtres colorés comme un môme avec sa première boîte de feutres. À l'écurie Besson, il pique répliques, humour primaire et populisme de masse. Sauf que même le spectateur le moins exigeant en reste pantois, et l'on en viendrait presque à admirer le gros Luc pour sa capacité à fédérer des millions de gens devant ses productions, aussi grossières soient-elles.
Même pas foutu de bien filmer Noémie Lenoir, Paquet-Brenner ne tire absolument rien de son gros budget, et ne provoque que haut le cœur chez un spectateur furieux d'avoir perdu deux heures de sa vie dans ce charnier cinématographique.
0/10

4 juin 2007

U.V.

D'un point de vue bêtement mâle, le premier plan d'U.V. est de loin le plus intéressant du film. On y voit Anne Caillon et Laura Smet se faire dorer la pilule topless. La suite est immédiatement moins réjouissante : dès les premières minutes, on sent que les intentions de Gilles Paquet-Brenner sont biaisées. Son but premier n'est pas de mystifier le spectateur, d'installer une ambiance hypnotique et moite pour mieux le cueillir ensuite. Non, Paquet-Brenner souhaite visiblement passer à la postérité en réalisant un film que l'on puisse comparer à des classiques comme La piscine ou Plein soleil. Peine perdue : U.V. dévoile bien vite ses limites, son aspect artificel prenant le pas sur une éventuelle montée en puissance de l'intrigue.
En à peine un quart d'heure, le spectateur a donc compris qu'il ne devait rien attendre de ce soufflé bien mal monté, et à la conclusion forcément décevante. La mise en scène n'étant qu'une pâle copie de celles de René Clément ou Jacques Deray, reste donc à se rabattre sur les comédiens. Si Jacques Dutronc est (comme souvent) impeccable, c'est surtout le duo Smet-Caillon qui fait des étincelles. Ces deux-là forment un parfait couple de femmes fatales, à la fois belles à regarder et délicieusement vénéneuses. On ne peut en dire autant des jeunes messieurs qui les entourent : Pascal Elbé est trop jeune et trop agité pour son rôle de vieux con, et Nicolas Cazalé (pièce maîtresse de l'intrigue, l'inconnu qui débarque et chamboule tout) ne possède pas cette facette sombre et inquiétante qui aurait pu donner du relief à son personnage. Tout cela démontre bien l'immaturité de Gilles Paquet-Brenner, réalisateur opportuniste qui aurait bien voulu avoir l'air d'un auteur entre deux épisodes de Gomez & Tavarès.
3/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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