
Le fameux moine du titre se nomme Ambrosio, homme robuste et charismatique abandonné à la naissance devant la porte d'un couvent, et dont les prêches pleins de conviction et de vérité semblent être à même de réunir les croyants autour d'un message assez fort pour les rendre meilleurs. La perte d'Ambrosio viendra de son rapport aux femmes, les différentes demoiselles qu'il sera contraint de côtoyer pour des raisons diverses présentant toutes une raison ou une particularité le poussant du côté obscur. Celui du désir, de la chair et du Mal. Pourra-t-on véritablement parler de perte ? Rien n'est moins sûr, car comme dans nombre de récits religieux, la fin d'un être coïncide toujours avec l'éveil d'un autre, dans un système cyclique et spiralé qui a de quoi inspirer le vertige.
Aussi académique dans ses cadrages dignes de téléfilms de luxe que fantaisiste dans le choix de ses effets de style (un appareillage gothique et rococo dont on comprend l'intérêt mais qui a parfois de quoi faire pouffer), Le moine est un film plus qu'imparfait, mais c'est au moins un film qui se tient, avec du sens, du coffre, et une véritable cohérence narrative et stylistique. Démarrant de façon assez catastrophique (à moins que le spectateur n'ait tout simplement besoin d'un peu de temps pour se faire à cet univers), le film ne fait que se bonifier à mesure que l'apparente stabilité d'Ambrosio semble devoir s'évaporer. Refusant toujours le manichéisme, Moll fait preuve d'une absolue malice pour dépeindre l'ambiguïté absolue qui caractérise le personnage, qui semble tiraillé entre plusieurs passions, plusieurs destinées, et finit par se rendre compte que toutes le mèneront dans ses propres limbes. Plus Ambrosio s'abandonne aux ténèbres, plus Vincent Cassel se fait intense, et plus le film est beau. La conclusion, dont l'esthétique rappelle de façon frappante l'ouverture d'Essential killing, fait preuve d'un imposant sens du tragique et du mystique. Si son film est loin d'être pleinement convaincant, Dominik Moll ne cesse pas pour autant d'être l'un des cinéastes les plus fascinants de France par la façon dont il aime à s'enfoncer dans les tréfonds de l'âme humaine.

Le moine de Dominik Moll. 1h41. Sortie : 13/07/2011.
5 commentaires sur “LE MOINE”
le contenu du roman de Lewis devoir être pris ...
faut conjuguer tes verbes mon grand si tu veux qu'on te comprenne.
Bravo de spoiler !!!
AH forcément si ça t'a évoqué Essential Killing qui n'avait d'essentiel que le génie (mouarf) de son acteur principal... je n'ai rien à ajouter !
oui, même si le début est un peu mollasson, on se laisse prendre par l'atmosphère peu à peu, grâce à une mise en scène intelligente, un acteur charismatique, bref du bon cinéma français!
Bonjour Rob, j'ai trouvé ce film fascinant à mesure qu'il avance. Cassel est excellent et les autres acteurs aussi. C'est l'ensemble qui est réussi avec la musique d'Iglesias. Bonne journée.
toujours bon acteur, on sent le travail de construction du rôle, pierre par pierre.
un de nos meilleurs acteurs : entre Dujardin et lui il y a match en 2015. Et pas qu'au foot FIFA !
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