3 nov. 2009

SAW VI

Avant toute chose, tous les jeux de mots sur le titre ayant été faits et refaits, l'auteur se ces lignes a choisi d'esquiver élégamment la case calembours et de se concentrer sur le film, uniquement le film. Merci.
Depuis Saw III, le nom du réalisateur change à chaque nouvel opus de cette franchise peu coûteuse et donc très rentable - malgré un box-office moins accueillant qu'auparavant. Celui de Saw VI se nomme Kevin Greutert, et si ce patronyme n'était pas aussi moche, on jurerait qu'il s'agit d'un nom d'emprunt. Car le véritable auteur de ce sixième numéro se nomme Jacques Essebag, alias Arthur. Chaque mois, dans Les enfants de la télé, Arthur réussit l'exploit de nous refourguer des images toujours moins inédites, qu'il introduit avec moult gesticulations, chaque nouvelle émission n'étant en fait qu'une vaste compilation des précédentes. De temps en temps, il atteint même des sommets avec des émissions estampillées "spécial best of", qui assument leur statut de bout-à-bout paresseux de séquences déjà vues.
Si Kevin Greutert et Arthur ne font qu'un, c'est tout simplement parce que Saw VI est la pire supercherie d'une saga déjà pas très reluisante : une bonne moitié du film est en effet constituée de flashbacks reprenant tout simplement des séquences issues des épisodes précédents, juste remises en musique ou commentées en voix off. Une technique déjà employée depuis Saw 2, mais qui devient de plus en plus voyante étant donné qu'il y a désormais 5 films à citer. On imagine volontiers Saw XII - ils sont capables d'aller jusque là, et peut-être plus loin encore - comme un film entièrement constitué de plans des films précédents, ayant tellement d'évènements passés à citer qu'il n'y a plus de place pour le reste. Sacré Arthur : il a encore trouvé une technique imparable pour faire du pognon sans trop transpirer.
Avec les années, la franchise Saw semble avoir perdu l'aspect plaisir coupable qui poussait les spectateurs à entrer dans la salle et à se taper une heure et demie d'image moche et d'acteurs pourris. Les raisons sont multiples : en voulant offrir à la saga une mythologie complexe au lieu d'empiler simplement les épisodes, les scénaristes ont rendu cet univers parfaitement chiant. On se fiche bien qu'untel ou untel soit digne ou non du Jigsaw (Puzzle en VF). On se moque de savoir qui est son véritable successeur. Tout ce que demande le public, c'est d'avoir sa dose annuelle de chair tranchée, de dispositifs tordus, de petits jeux dégueulasses... ce que Saw VI néglige totalement, faisant preuve d'un manque d'inventivité absolu dans les très rares séquences où le gore fait enfin son apparition.
Le problème, c'est que les auteurs sont devenus aussi moralistes que leur tueur, et gaspillent un max de temps à nous expliquer pourquoi tel assureur mérite de mourir - il a refusé d'aider des cancéreux, pas besoin d'un quart d'heure pour le faire comprendre - ou pourquoi tel quidam a été choisi comme victime potentielle - il fume des clopes alors que c'est pas bien. Ça donne juste l'impression d'être un enfant de 6 ans à qui on explique qu'il faut respecter les autres, que la vie c'est beau et qu'il ne faut pas la gâcher, le genre de remarques conventionnelles qu'on accepte éventuellement de ses parents mais qu'on supporte mal d'entendre alors qu'on était seulement venu voir des gens qui se coupent la jambe ou s'arrachent des yeux. La lassitude commence sérieusement à gagner ; et pas sûr que l'épisode prochain, remake d'un célèbre film d'Ingmar Bergman*, parvienne à relancer la machine.
* Le premier qui comprend ce formidable calembour gagne toute mon admiration. J'attends vos commentaires.




Saw VI de Kevin Greutert. 1h30. Sortie : 04/11/2009.

8 commentaires sur “SAW VI”

Anonyme a dit…

Bah le Septième sceau... lol

Après Saw 6, saw 7, je n'aurais jamais cru qu'ils oseraient !...
Perso je me suis arrêté au 2... déjà pas fameux.
Mais j'avais vraiment aimé le 1er...
En tous cas, en lisant ton papier je me dis qu'au fond, on est pas si loin d'Haneke... au fond...lol

Mélissa a dit…

Et oui, Le septième sceau ! :)

Rob a dit…

Comment j'ai pu penser que d'aussi fines lames que mes adorables lecteurs puissent éventuellement passer à côté d'un jeu de mots aussi évident.
On est parti pour au moins 4 films supplémentaires, si j'en crois les news qui tombent régulièrement. Et très honnêtement, même si chaque année je me régalais de découvrir si le nouveau millésime était plus ou moins mauvais que le précédent, là je commence sérieusement à ne plus m'amuser du tout. Ça semble être la même chose pour le public, il n'y a qu'à voir les résultats très décevants au box-office américain. Mais, comme ce sont des films qui ne coûtent pas grand chose (une dizaine de millions tout au plus), ça reste très rentable donc ça peut durer encore un bout de temps.

Pascale a dit…

Et les spectateurs qui continuent à y aller ils n'ont pas droit à un ptit jugement de ta part ? Tout fout le camp.

Oh la la, si on peut plus rigoler sur ce blog ??? De toute façon, je ne comprends rien à tous ces jeux de mots.

Rom_J a dit…

Top jeu de mots, je suis jaloux.

Pour revenir sur Saw n°6, je ne doute pas que ça soit un ramassis de saleté. Toi qui l'as vu, tu pourras peut-être me dire s'il méritait vraiment son classement "X" en Espagne...

Quant à son échec au Box Office US, il est sûrement dû à la qualité déclinante de la saga, mais aussi à l'extrême performance de Paranormal Activity, qui pique le statut de film "de genre" à ce nouvel opus.

Rob a dit…

@Rom_J Je ne vois pas pourquoi celui-là serait plus X que le 3 ou le 4, qui si je me rappelle bien étaient nettement plus dégoûtants.

@Pascale Tu n'as pas encore compris que je méprise TOUS les gens ? Ceux qui iront (alors que je les avais prévenus, ces idiots) comme ceux qui n'iront pas (sont même pas curieux, ces nazes).

Pascale a dit…

Si, je l'avais bien compris depuis le début.
Mais parfois tu le rappelles pour certains et pas pour d'autres, alors je trouve qu'il y a injustice.
Relis Levi-Strauss, c'est mon maître à penser : no future, aucune confiance en l'être humain, et ma devise affichée sur mon frigo (pour ne pas que je l'oublie chaque matin) : "L'enfer c'est les autres".

JO4 a dit…

Si le réalisateur ne fait aucune allusion au jeu de mot Saw 6 (saucisse), ni aucun autre, c'est tout simplement que c'est un américain, de ce fait il ne se doute point qu'il y a tant de signification derrière son titre. De plus remercier le réalisateur pour une chose qui lui aurait insensé de faire c'est un peu fort ^^ Sinon en ce qui concerne la note je suis assez d'accords.

(Saucisse en anglais se dit sausage)

 
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