
C'est l'histoire d'un petit garçon nommé max, affublé d'un curieux costume de loup, et qui fait tellement de bêtises qu'il est envoyé dans sa chambre sans manger. Dans la chambre, une forêt se met à pousser, un océan apparaît, et Max prend le bateau vers le pays des Maximonstres. Comme leur nom l'indique, les Maximonstres sont des monstres grands et gros. Max devient leur roi, mais se découvre un besoin d'être aimé, et repart en bateau vers sa chambre,où l'attend un repas tout chaud. Voilà le résume intégral de Max et les maximonstres, livre pour enfants datant des années 60 et figurant parmi les références du genre depuis cette période. Il s'agit d'un curieux bouquin, tant pour son format allongé que pour sa narration extrêmement épurée, où les évènements qui surviennent semblent tout à fait normaux et où croiser des Maximonstres n'a rien d'étonnant. Et pour cause : on navigue à vue dans l'imaginaire de Max, sale gosse s'ennuyant tellement dans sa grande maison qu'il n'a pour alternatives que faire les 400 coups ou s'inventer des histoires. L'histoire racontée par Maurice Sendak est d'une simplicité infinie, le style d'une modestie folle - phrases courtes et sans fioritures. Quant au dessin, il gravite toujours entre deux impressions contradictoires, à la fois inquiétant - un voyage en solitaire, des monstres... - et rassurant - les Maximonstres ont des airs de grosses peluches et les nuits sont pleines d'étoiles.

L'idée d'une adaptation ciné existait depuis des années à Hollywood. Un cadeau empoisonné, tout l'univers visuel étant déjà offert au travers des splendides illustrations de Sendak mais un scénario format long-métrage restant à construire. Même avec la meilleure volonté du monde, tout faiseur sans âme ou sans cervelle n'aurait pu que ruiner cette atmosphère si particulière. Comme les producteurs sont des gens avec un coeur, et qu'ils ne tiennent pas à ce que leurs enfants leur en veuillent à mort pour avoir raté cette adaptation, ils ont attendu patiemment et consciencieusement que le réalisateur providentiel se présente. On aurait bien imaginé Michel Gondry, mais c'est sur son camarade Spike Jonze que s'est porté leur choix. Après deux films écrits par Charlie Kaufman, c'est l'occasion rêvée pour le cinéaste de montrer que son inventivité visuelle n'est pas dépendante de la folie kaufmanienne. Ce qu'il a déjà prouvé grâce à de nombreux clips.

Les premières bandes-annonces, ainsi que les critiques américaines - le film est sorti aux USA il y a quelques semaines - rassurent quant à la fidélité du film au matériau d'origine, et à sa réussite esthétique. On attend en revanche de voir si la magie du bouquin de Sendak survivra à son passage au grand écran et à la longue durée. Car si Jonze est digne de confiance, on sait bien que restituer un moment de grâce en changeant de support n'est une gageure pour personne, et que cela tient parfois du miracle. Le 16 décembre, on découvrira si Jonze, accompagné du petit Max (!) Records, a réussi son pari. Et si les enfants que nous étions ont une chance de se matérialiser de nouveau, rappelés à la vie par l'univers hypnotique et attrayant de ce cher Maurice Sendak.
Le livre : Max et les maximonstres de Maurice Sendak. L'École des loisirs. 52 pages. 12 euros.
Le film : Max et les maximonstres (Where the whild things are) de Spike Jonze. Sortie le 16 décembre 2009.




















1 commentaire sur “En attendant le film #4 : Max et les Maximonstres / Where the wild things are”
Un des prochains films que j'attend avec le plus d'impatience possible !
J'avais le livre, petit, et je ne me rappelle que de lui, à vrai dire.
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