Verona et Burt forment un couple tout ce qu'il y a de plus mignon, en attente d'un premier enfant qui sera certainement un bout de chou hors du commun. Alors, pour lui réserver le meilleur des départs, ils décident de sillonner l'Amérique à la recherche de l'endroit idéal pour l'élever. Car Verona et Burt sont mignons. Et un peu niais, aussi. Le genre de couple qu'on adorerait rencontrer dans la vraie vie pour aller prendre quelques verres, dîner un soir de temps en temps, voire même partir en vacances. Verona et Burt sont des gens reposants, apaisants, donc absolument pas les héros idéaux pour un film. À leur image, Away we go est un film d'une gentillesse absolue, qui formule quelques réflexions pas idiotes sur le couple et la maternité, mais se résume très souvent à un échange de vastes niaiseries entre un homme et une femme qui s'aiment, qui se soucient de l'avenir de leur amour et de leur progéniture, mais dont les opinions sont si rebattues qu'on n'a guère envie de les entendre. Il faut les voir, nuit après nuit, se câliner du bout du nez en se jurant que tout ira bien.Road movie quasiment construit comme un film à sketches - avec des panneaux pour annoncer le changement de destination -, le cinquième film de Sam Mendes ressemble de plus à un catalogue montrant systématiquement aux deux-anti héros les comportements à éviter et ceux à reproduire. Il y a, entre autres : la mère qui ne cache rien à ses gosses, les parents qui élèvent les leurs façon hippie, le père qui refuse de dire à sa fille que sa femme l'a quitté... et, parce qu'il faut bien quelques modèles, ceux qui ont adopté parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement ET parce que ce sont des gens bien. À chaque rencontre sa petite morale, et sa conclusion mélancolique sur le mode "le foyer idéal est ailleurs". Heureusement, la fin du film viendra régler tout ça : figurez-vous que le foyer idéal, c'est celui où on est tous ensemble. Si c'est pas magnifique.
Mais trêve de cynisme : même si le cadeau est franchement moyen, Away we go propose un très joli emballage qui rend le voyage plutôt agréable bien que complètement dépourvu d'intérêt. La bande originale composée par Alexi Murdoch déborde d'excellents morceaux, opportunément disposés pour créer un effet de spleen semi-comateux. La mise en scène de Sam Mendes s'applique de façon fort logique à la tonalité très indé d'un film qu'il a voulu beaucoup plus modeste que les précédents. Quand aux interprètes, ils sont extrêmement professionnels et terriblement sympathiques. C'est peut-être d'ailleurs le problème principal de Maya Rudolph et John Krasinski : ils semblent parfaits, donc inintéressants en tant que héros de film. Les seconds rôles sont beaucoup plus attirants, même si les excès de leurs personnages créent un contraste trop factice avec ce couple principal trop translucide. En une année à peine, Mendes s'est intéressé au couple sous deux angles complètement différents : quand l'un voulait échapper au conventionnel (dans Les noces rebelles), l'autre s'y vautre allègrement. Le principe des vases communicants, sans doute, s'appliquant à deux films très moyens qui auraient peut-être gagné à ne faire qu'un.

Away we go de Sam Mendes. 1h38. Sortie : 04/11/2009.
Autre critique sur Une dernière séance ?.




















2 commentaires sur “AWAY WE GO”
T'aimes pas te faire câliner du bout du nez on dirait ?
Et la rentrée, ça farte ?
il est (re)devenu cynique notre Rob :-)
moi je dois être un peu mou du cerveau car je me suis laissé emporté
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