
Voici donc le petit dernier d'une famille de films politiques arrivés en masse depuis le début 2006. Et
Syriana n'est pas le plus déplaisant. Écrit et réalisé par le scénariste de
Traffic, le film fait parfois penser au film de Soderbergh : le style et la construction sont évidemment les mêmes. Mais là où Stephen Gaghan dépasse son "modèle", c'est que
Syriana ne cède presque jamais aux pièges du politico-hollywoodien. Réalisation moins stylisée (pas de filtres à tout bout de champ, aucun sensationnalisme même dans les scènes d'action), refus de toute concession, sobriété extrême : le film entend d'abord raconter une histoire et disséquer les rouages d'un marché ô combien complexe. Si l'on peut parfois se perdre dans les méandres de l'intrigue, si la masse d'informations procurée par le film est presque trop importante pour être digérée en une seule vision, on reste scotché à son siège jusqu'au bout, réalisant enfin combien les enjeux sont multiples et régissent le fonctionnement de notre planète tout entière. Gaghan réalise ce qu'Andrew Niccol affirmait avoir fait dans
Lord of war : instruire le spectateur, le divertir, mais ne pas faire un film hollywoodien. Grâce soit également rendue à ses comédiens : Clooney et Damon, plus impeccables que jamais, et surtout l'immense Jeffrey Wright, qui derrière ses petites lunettes recèle des trésors d'intesité. Le mieux, c'est que
Syriana est encore meilleur à la fin : Gaghan cède brièvement à la tentation facile du suspense mais c'est tellement réussi et haletant qu'on le pardonne volontiers.
9/10
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