La suite est à l’unisson : The visitor embrasse alors des sujets plus graves, tellement banalisés qu’ils ne font plus l’objet que de quelques entrefilets dans la presse. Pourtant, derrière chaque fait divers se cachent des drames humains, des souffrances multiples, des familles et des couples qui éclatent. C’est lourd à traiter, mais McCarthy sait que de tels sujets se passent de grands discours, et qu’il suffit d’un constat silencieux pour se rendre compte de l’impact d’une expulsion ou d’une séparation. Connu pour son rôle de père fantôme dans LA série, j’ai nommé Six feet under, Richard Jenkins apporte son regard triste et sa colère rentrée à un personnage épatant. Il n’était pourtant pas évident de rendre crédible ce professeur d’université coincé et déprimé qui se lâche soudain à la suite d’une rencontre fortuite et va jusqu’à se rebeller contre un système détestable. Jusqu’à la dernière image, il irradie le film de sa belle dignité, qui fait de The visitor une œuvre des plus recommandables.
8/10