Soeur sourire est exactement le film auquel on pouvait s'attendre. Construit sur un schéma si traditionnel qu'il est désormais devenu insupportable (à moins d'être traité différemment, ce qui n'est pas le cas ici), le film ne nous épargne ni le récit de l'adolescence de l'héroïne, ni sa loooongue et dévastatriiiiiiice descente aux enfers. C'est à la rigueur acceptable lorsqu'il s'agit du portrait d'un artiste charismatique et talentueux ; dans le cas de l'interprète de Dominique-nique-nique, c'est juste inintéressant, surtout avec un traitement pareil. Coninx n'y va pas par quatre chemins, chaussant ses gros sabots dès la deuxième scène pour nous cracher au nez, sans finesse aucune, la possible homosexualité de la futur soeur Luc-Gabriel. Si ces oeillades appuyées voulaient passer pour de l'ambiguïté, c'est raté. Le degré de finesse est le même pour parler du système religieux (ah, le fameux personnage de la mère supérieure), de la relation tendue qu'entretient l'héroïne avec ses parents, et d'à peu près tous les autres thèmes traités. Lorsqu'il se contente de montrer le quotidien de la jeune femme, le film est supportable ; dès qu'il s'agit d'évènements un rien dramatiques, Stijn Coninx n'y arrive plus et sombre dans le stéréotype.
Filmé très à l'ancienne, le film pâtit également d'une direction d'acteurs calamiteuse, puisqu'outre la prestation archi décevante de Cécile de France, l'interprétation est d'une qualité effroyable. Seule Tsilla Chelton, dans un rôle hélas mineur, apporte un rien de fraîcheur et un soupçon d'originalité à cette bio ni faite ni à faire, deux très longues heures de mauvais cinéma qui parvient à nous faire regretter les biopics américains les plus ordinaires, qui ont au moins l'avantage de swinguer un peu. Parce qu'en sortant de ce petit calvaire, on jure ses grands dieux de tuer la prochaine personne qui osera fredonner en sa présence la chansonnette qui fit le succès de Soeur Sourire, et que l'on entend un bon milliard de fois dans le film.
Soeur sourire de Stijn Coninx. 2h. Sortie : 29/04/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.