Il n'y a d'ailleurs guère de tromperie sur la marchandise : il y a tout ça dans Funny people. Mais il y a malheureusement autre chose. D'une durée de 2 heures 20, le film n'est jamais vraiment ennuyeux, mais il est surtout outrageusement long. Apatow semble avoir invité le long-métrage à monter soi-même : on s'emparerait volontiers d'une paire de ciseaux et d'un tube de colle afin de trancher dans le vif et d'enlever une bonne demi-heure à un film qui n'avait pas besoin de traîner en longueur vu ce qu'il raconte. Car il y a une légère arnaque dans tout cela : si l'humoriste incarné par Adam Sandler - très bien, très sobre, comme quand il est bien dirigé - apprend bel et bien que ses jours sont comptés, le film emprunte bien vite d'autres voies et finit presque par se désintéresser de ce problème pourtant essentiel, au gré d'un scénario un rien manipulateur et surtout assez paresseux.
De fait, Funny people est juste un Apatow de plus, mais un pas mauvais, qui atteint ponctuellement des sommets d'humour, qui nous enchante à coups de dialogues ciselés et de vannes vraiment drôles ou volontairement foireuses, et nous fait baigner dans les coulisses des comedy clubs où chacun vendrait sa mère pour un bon mot ou quelques minutes de médiatisation supplémentaire. Le duo Sandler - Seth Rogen fonctionne mieux que bien, les seconds rôles sont assez en retrait mais toujours efficaces, et Eric Bana s'intègre à merveille à l'univers Apatow bien qu'étant le fer de lance de la partie la moins intéressante du film. On en sort à la fois charmé et déçu, grisé par la photo de Janusz Kaminski et frustré de ne pas avoir saisi cette fois le petit manège de Judd Apatow, en se jurant néanmoins d'être au rendez-vous qu'un quatrième long qui, auto-persuasion oblige, ne pourra qu'être son chef d'oeuvre.
Funny people de Judd Apatow. 2h20. Sortie : 07/10/2009.