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26 déc. 2008

UNE FIANCÉE PAS COMME LES AUTRES

Une fiancée pas comme les autres avait de quoi séduire ou faire fuir à grandes enjambées. D'un côté, un pitch voisin de celui de Monique, grosse comédie foireuse à la française, et la présence de Craig "Mr Woodcock" Gillespie derrière la caméra. De l'autre, une femme au scénario (donc moins de chances de tomber dans le grivois, même si Monique est l'oeuvre d'une madame), et pas n'importe laquelle : Nancy Oliver, collaboratrice d'Alan Ball sur True blood et Six feet under, dont elle a signé 7 épisodes. Bilan : match nul, balle au centre. Comme Mr Woodcock mais dans un registre bien différent, Gillespie ne tire absolument rien du sujet qui lui est servi sur un plateau, ne créant qu'une sorte de morne indifférence.
Dès le début, le film entre dans une sorte de demi-mesure permanente et ne provoque guère de réaction. Comme si, ne voulant susciter ni le rire ni les chaudes larmes, Gillespie tentait de se faire le plus discret possible. Clairement, l'ennui de l'existence de Lars et des siens est communicatif. L'irruption de la "fiancée" du titre aurait dû être un évènement fracassant, perturbant, déstabilisant. Il n'en est rien. Même Ryan Gosling, qui habituellement ne fait pas dans la retenue, semble étrangement très timoré, cloîtré dans un personnage un peu plat. Ce Lars est un pauvre type qui s'invente une réalité qui l'arrange, voilà tout ; mais ce qu'on a compris en une scène, le scénario met deux heures à le formuler.
Tout n'est pourtant pas à jeter, dans ce film, et notamment les passages assez tendres qui montrent comment une petite ville tente d'accepter Lars et son improbable petite amie, de leur trouver une place, de leur donner l'impression d'exister. Au pluriel, oui : car l'une des forces d'Une fiancée pas comme les autres, c'est de rendre presque humaine cette Bianca, mannequin de celluloid qui finit par paraître plus vraie que nature du fait de l'insistance de Lars... C'est évidemment plus réussi que Monique, même si ça ne vaut pas tripette. Et il y a un léger message d'espoir à la fin. Et de la neige. On comprend finalement assez bien pourquoi le film sort à Noël, plus d'un an après sa sortie américaine.
5/10

10 sept. 2006

ÂGE DIFFICILE OBSCUR

Justin, 17 ans, suce toujours son pouce. Face au désarroi de ses parents et aux moqueries de ses camarades, Justin va devoir faire quelque chose. Un professeur de débat, un orthodontiste mystique ou encore une jolie fille en mal d'expérience pourront-ils l'aider?
On l'a compris, malgré son titre et son pitch, Âge Difficile Obscur (quel titre français à la con) ne tourne pas uniquement autour du pouce fripé de Justin. C'est l'occasion pour le réalisateur Mike Mills (quadra auteur de la majorité des clips de Moby) de régler son compte à une Amérique bouffée par l'esprit de compétition et les clivages culturels. À des milliers de lieues de tout cela, Justin se trouve au milieu d'un monde qu'il ne comprend pas. D'où le syndrome du pouce. Une mère absente, un père un peu rustre, un petit frère qui ne pense déjà qu'à baiser : tous ont en commun une volonté d'arriver à un but bien précis en empruntant le plus court chemin, la ligne droite. Mike Mills livre un portrait angoissant, clinique par endroits, entre Todd Solondz, Wes Anderson et David O. Russell. Voilà justement le problème : Mills ne semble pas avoir trouvé son style propre, et la majorité des scènes "font penser à". Reste un casting solide, de Vincent D'Onofrio à Vince Vaughn, et les chansons d'Elliott Smith, qui feraient passer n'importe quel ramassis de banalités pour un monument de tristesse.
6/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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