Il y avait pourtant de quoi se pourlécher les babines. Sur la papier, Un mariage de rêve ressemble à un cocktail explosif mêlant Ivory, Labiche et quelques tablettes de Temesta. Et son étonnant casting mêlant monstres sacrés (Kristin Scott-Thomaset Colin Firth) et vraies surprises (Jessica Biel en icône des années 30 !) est, il est vrai, totalement réjouissant. Seulement voilà : la mayonnaise ne prend réellement qu'à de trop rares occasions, le reste du film étant bien trop propret en regard du marivaudage cynique qui nous était promis. Quelques scènes d'exposition drolatiques et quelques mésaventures cocasses (ah, le french cancan sans sous-vêtements) ne suffisent pas à rehausser le rythme plutôt ronflant d'un scénario flegmatique dans le mauvais sens du terme - c'est-à-dire souvent très chiant. Pire : l'intéressant personnage de Jessica Biel finit par être sacrifié sur l'autel d'un comique convenu et étrangement pas dans le ton (la mort du chien, le chasse à courre en moto).
Mais voilà : Un mariage de rêve est également un film très classe, fourmillant de personnages attrayants et ponctué de dialogues savoureux à la limite de la joute verbale. La mise en scène d'Elliott est assez inventive, même si son obsession pour les reflets en tous genres finit par tourner au systématisme. Quand au scénario, il fait preuve d'une amoralité revigorante, et même si elle est finalement assez attendue, la conclusion est sacrément savoureuse. Là, on sent Elliott prêt à aller au bout de ses idées, même les moins convenables, ce qui fait regretter que ce vent de subversion n'ait pas soufflé plus fort et plus régulièrement sur ce qui n'est finalement rien de plus qu'un joli petit divertissement consciencieux.
Un mariage de rêve (Easy virtue) de Stephan Elliott. 1h36. Sortie : 06/05/2009.
Autre critique sur Sur la route du cinéma.