Si l'on excepte une poignée de phrases pleines de bon sens sur les mathématiques et leur (in)utilité, Domaine se traîne au fil d'un discours parfois abscons, souvent vide de sens, traitant de façon ennuyeusement uniforme la relation posiblement trouble qui unit Nadia et Pierre. Une information cruciale lâchée au bout d'une demi-heure permettra de réévaluer la teneur de ces étranges rapports dans lesquels la chair n'a apparemment pas sa place. Ni histoire de cul ni rapport sado-maso, le film fuit bon nombre de passages obligés mais se révèle rapidement désertique, froid comme la mort et absolument soporifique.
Tout n'est en fait qu'une histoire de domination intellectuelle et d'alcoolisme plus que latent, ce dernier étant amené avec relativement peu de finesse par un réalisateur dont on comprend assez rapidement pourquoi il préfère les silences aux longues phrases : qui se tait a moins de chances de passer pour un débile profond. Il n'y a qu'à voir comment Chiha s'y prend pour désamorcer le possible lien sexuel qui pourrait unir Nadia et Pierre, en offrant à ce dernier une amorce de relation gay franchement too much. Mené par une Béatrice Dalle absolument molle et un Isaïe Sultan pire que tout, Domaine est un film raté, pompeux, chiant dans ses grandes lignes mais ponctué çà et là de minuscules éclairs de génie qui donneraient presque envie de donner au réalisateur une deuxième chance.
Domaine de Patric Chiha. 1h40. Sortie : 14/04/2010.
Critique publiée sur Écran Large.
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