L'emballage légèrement sucré permet en fait à Xabi Molia d'éviter de plomber complètement le spectateur qui, en dépit des nombreuses scènes franchement spirituelles qui émaillent le film, fait ressembler 8 fois debout à l'oeuvre d'un dépressif chronique qui ne rirait un peu que pour éviter de montrer qu'il a envie de chialer. Les personnages principaux constituent les deux facettes d'un même mal qui ne cesse d'envahir notre pays et la plupart des populations du globe : une peur panique de la précarité qui s'accompagne indéfectiblement d'une fébrilité certaine. C'est lorsqu'on n'a plus d'emploi digne de ce nom que l'on se convainc le plus facilement que l'être humain est avant tout défini par son travail, d'où une crise existentielle permanente.
Julie Gayet et Denis Podalydès prêtent avec brio leurs mines de Caliméro à ces deux anti-héros particulièrement attachants, qu'on aimerait réellement cajoler si cela était possible. Molia a le bon goût de ne pas faire virer l'ensemble en comédie romantique de dernière minute ou en fable à gros happy end, se contentant à raison de faire dans la chronique. Loin d'être idéaliste, il finit par placer ses personnages dans des situations réellement délicates sans pour autant livrer un discours socialisant qui n'aurait peut-être pas eu sa place. Mais dans ses meilleurs moments, hélas trop courts, 8 fois debout aurait presque quelque chose des films de Kelly Reichardt (Old Joy et Wendy & Lucy), dans lesquels s'abandonner à la nature fait figure d'ultime solution contre la laideur impitoyable du quotidien.
Huit fois debout de Xabi Molia. 1h43. Sortie : 14/04/2010.
4 commentaires sur “8 FOIS DEBOUT”
Bonjour,
Wendy & Lucy m'est également venu à l'esprit, c'est même au-delà de la simple référence tant certaines scènes sont ressemblantes. J'ai aussi pensé à The pleasure of being robbed pour cette héroïne touchante mais que l'on n'a pas forcément envie d'aimer au vu des actes qu'elle choisit d'accomplir.
Marion
Personnellement, j'ai trouvé la musique très belle.
Sait on où on peut trouver la BO?
Le B.
J'avais lu Supplément aux mondes inhabités du même garçon et c'était un beau roman post houellebecquien.
le générique c'est comme dans Juno !!
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