Heureusement, le film tout entier ne fait que se bonifier de bobine en bobine. L'une des bonnes idées du script est de donner régulièrement une longueur d'avance au spectateur, qui comprend avant les personnages l'imbrication des différents évènement qui surviennent. Cela évite toute tentative de créer un suspense aussi pataud que déjà vu. Autre atout : malgré quelques discussions de couloir forcément nécessaires à l'avancée de l'intrigue, Une affaire d'État ne semble pas ambitionner d'être un grand film politique, et nous épargne les habituelles considérations de comptoir sur l'Afrique, la corruption et la valeur de la vie. Valette préfère accentuer le côté thriller de son film, sa mise en scène efficace donnant lieu à quelques morceaux d'action modestes mais franchement savoureux. On sent que sa virée aux States a été riche en enseignements...
Bien entendu, jusqu'au bout, on devine assez aisément comment se termineront les trajectoires des personnages. Les gêneurs qu'on supprime in extremis, les politicards qui se découvrent une conscience et préfèrent en finir, les flics désabusés mais qui continuent le combat... Une affaire d'État répond à des codes et à des attentes relativement calibrés, mais le fait avec envie et honnêteté, si bien qu'il est difficile de bouder son plaisir. D'autant que le casting un peu planplan est régulièrement transcendé par une impeccable direction d'acteurs. À ce petit jeu, Rachida Brakni sort gagnante : trop rare au cinéma, l'actrice se révèle extrêmement convaincante en action girl. Espérons que la grande qualité de sa prestation donne des idées à d'autres metteurs en scène conscients de son statut de valeur plus que montante.
Une affaire d'État d'Éric Valette. 1h39. Sortie : 25/11/2009.
Laissez le premier commentaire sur “UNE AFFAIRE D'ÉTAT”
Enregistrer un commentaire