Lettre à la prison raconte l'arrivée à Marseille d'un jeune Tunisien venu sauver son frère, emprisonné à Paris pour meurtre. S'il a des allures de documentaire, le film ne prend jamais vraiment cette direction, ressemblant davantage à un journal filmé, fantasmé, onirique par endroits, le récit du cauchemar progressif vécu par le jeune héros. Le film se détourne régulièrement de son sujet, s'attardant sur des foules, des lieux, des sensations, dans une frénésie visuelle d'autant plus perturbante qu'elle est accompagné d'un travail sur le son ô combien déconcertant. Ce sont d'abord des dialogues même pas calés sur les mouvements des acteurs, l'enregistrement s'étant fait sans même l'aide des images. Ce sont ensuite des bruits dérangeants qui procurent une sensation d'angoisse, d'asphyxie.
Ce décalage stylistique permanent est aussi la limite d'un film dans lequel il est difficile d'entrer ; mais quoi de plus normal pour une oeuvre explorant au final les méandres de l'esprit plutôt dérangé du héros ? Plus psychanalytique que politique, Lettre à la prison a de quoi décontenancer mais vaut le détour, sa courte durée étant un argument suffisant pour tenter sa chance sans prendre trop de risques.
Lettre à la prison de Marc Scialom. 1h10. Sortie : 02/12/2009.
Critique publiée sur Écran Large.
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