Marsh a opté pour une mise en scène plus baroque que celle de Jarrold, d'abord parce que le changement faisait partie du cahier des charges, et ensuite parce que cela permet de donner corps à l'adieu récemment fait aux années 70. 1980 ressemble à une mini-série de la BBC, lorgnant pour le style du côte d'oeuvres comme State of play. À la tête du film, le trop rare Paddy Considine apporte du renouveau à son personnage-archétype de policier solitaire, la modestie de sa prestation rappelant celle d'Andrew Garfield dans 1974. C'est l'un des atouts de la trilogie Red riding : les héros y sont humains, fragiles, loin d'être intouchables, par les sentiments comme par les coups de feu.
Le film offre une charge féroce des pratiques policières, la corruption semblant ronge absolument toutes les filières. Ce qui, une fois encore, pousse le héros à ne faire confiance qu'à une poignée de collaborateurs triés sur le volet. Tout le monde est un traître potentiel, tout le monde a une tête de tueur : en montrant l'air de rien que l'assassin recherché est probablement quelqu'un d'apparence extrêmement ordinaire, le film crée sans effets de style une paranoïa permanente, le serial killer pouvant pointer le bout de son nez à tout moment. Pire : les menaces sont peut-être multiples, l'un des meurtres ne collant visiblement pas avec le reste. Ce sentiment d'insécurité est au coeur de ce brillant 1980, dont la superbe bande originale accentue le côté tragique. D'un pessimisme absolu, la fin n'a pas vraiment tendance à vous réchauffer le coeur. Tant mieux, ce n'est pas ce qu'on attendait de ce type de film.
The red riding trilogy : 1980 de James Marsh. 1h33. Sortie : 11/11/2009.
Critique publiée sur Écran Large. Autre critique sur CineManiaC.
4 commentaires sur “THE RED RIDING TRILOGY : 1980”
je découvre : à souvent !
Je savais que tu aimerais...
Bonjour Rob, les trois films sortis dans une salle à Paris, sont à mon programme de ce week-end. C'est dommage qu'on n'en parle pas plus. Bonne journée.
@Cactus home lézard : j'espère bien !
@Vierasouto : il faut dire que ton article m'avait donné très envie...
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