16 nov. 2009

LES VIES PRIVÉES DE PIPPA LEE

Sacré casting que celui des Vies privées de Pippa Lee : l'affiche déroule une liste de noms assez impressionnante, de Robin Wright Penn dans le rôle-titre à Monica Bellucci dans une apparition frappante et fulgurante. Pourquoi pas : on ne va pas reprocher à Rebecca Miller ce qu'on a tant aimé chez Altman et qu'on continue à apprécier chez Allen. Mais cette profusion de gueules connues semble ici avoir un effet pervers : elle confirme l'impression générale, celle d'un film jouant à fond la carte du remplissage, plein à ras bords de personnages, d'anecdotes et de flashbacks.
Comme dans son premier long, The ballad of Jack and Rose, Rebecca Miller en fait trop. Son film plie rapidement sous le poids de la surécriture, et aurait sans nul doute gagné à être dégraissé. Pippa Lee, ses rencontres, son vieux mari, ses cours de poterie, ses souvenirs de jeunesse, ses souffrances d'adolescente... Il y avait là de quoi pondre un roman de sept cents pages, une série télévisée ou plusieurs longs-métrages. Plein comme un oeuf, le film donne de plus une impression de foisonnement intellectuel qui s'avère assez trompeuse : considérées séparément, ces trajectoires multiples n'ont rien de follement singulier, et sont déroulées avec une envie de subversion qui tourne régulièrement à l'académisme.
Débarrassé de quelques personnages secondaires encombrants et d'une voix off explicative, le film aurait pourtant pu avoir de la gueule. La relation entre Pippa - Robin Wright Penn, entre deux âges donc magnifique - et son mari plus âgé qu'elle - Alan Arkin, dont la deuxième carrière est stupéfiante - avait notamment un très fort potentiel psychologique. Voyant déjà son époux avec un pied dans la tombe, elle donne à celui-ci l'envie de fuir vers une seconde jeunesse, et donc vers une femme encore plus jeune... Le court monologue d'Arkin (« j'ai l'impression d'avoir déjà de la terre dans la bouche ») est saisissant et montre le talent de dialoguiste de Rebecca Miller, dont le père ne se nomme pas Arthur pour rien. Dommage qu'entre deux fulgurances comme celle-ci, il n'y ait que du vide, du Keanu Reeves fantomatique, de la Julianne Moore décorative. Miller a sans doute un talent d'auteur, mais n'est toujours pas une cinéaste. On lui conseille de se mettre au roman et de s'en tenir là...




Les vies privées de Pippa Lee (The private lives of Pippa Lee) de Rebecca Miller. 1h33. Sortie : 11/11/2009.
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1 commentaire sur “LES VIES PRIVÉES DE PIPPA LEE”

Pascale a dit…

Tu aimes "les femmes entre deux âges" à présent !!!

Et tu as fait caca dans tes couches jusqu'à quel âge ?
Ta maman le sait ?

 
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