C'est la grande absurdité de tout cela : il faut un voyage en France, loin des tensions et des pressions de l'opinion, pour qu'enfin ces voisins daignent apprendre à se connaître et puissent discuter sans - trop - élever la voix. Ce qui leur permet de découvrir, ô surprise, que leurs quotidiens ne sont pas si différents, qu'ils connaissent les mêmes difficultés au jour le jour, et qu'ils sont traversés par des craintes semblables. La force du documentaire, c'est qu'il montre et utilise la puissance de cet effet miroir, qui apaise soudain les conflits. Même si les divergences politiques et idéologiques sont profondes, chacun a au moins l'occasion de réaliser que l'autre n'a rien d'un monstre, mais qu'il est régi par la même humanité faite de doutes et d'espérance.
Le message ne va pas plus loin, mais le film restitue si joliment cet esprit de corps qu'il est très facile de s'en contenter. Xavier de Lauzanne évite tout angélisme et ne tait pas les tensions - discussions très houleuses autour de la légitimité de la guerre - ou les désillusions. Entendre un jeune homme d'une vingtaine d'années affirmer qu'il ne verra pas la paix de son vivant a quelques chose de profondément déchirant. Mais lorsqu'il ajoute qu'il espère que ses enfants auront cette chance, on reprend espoir avec lui. Ponctué de moments amusants et d'instants d'émotion, tant en coulisses que sur les différentes scènes, D'une seule voix est un beau témoignage sur un projet qui, comme le souligne Jean-Yves Labat de Rossi, n'a pas vocation à faire changer les choses mais peut au moins tenter d'ouvrir la voie.
D'une seule voix de Xavier de Lauzanne. 1h28. Sortie : 11/11/2009.
Critique publiée sur Écran Large.
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