La résolution de l'affaire n'a rien d'extrêmement renversant, histoire d'héritage et de secrets de famille déjà traitée dans mille autres films et romans noirs. Le traitement, lui, est moins habituel, puisque Gigor n'hésite pas à passer plus d'une fois par la case surréalisme, ce qui ne fait guère avancer l'intrigue mais offre une stimulation inédite. C'est ainsi que le crabe figurant sur une brochure contre le cancer se met à prendre vie, que les cadavres viennent donner leur avis sur la progression de l'enquête, et que tous les protagonistes - suspects comme témoins - se retrouvent à participer activement à une conférence destinée à aider notre investigateur... Tout ceci est si bien dosé, dans le nombre de séquences comme dans leur longueur, qu'il y a réellement de quoi y prendre du plaisir.
Dommage que ces jolies propositions ne soient pas relayées par une mise en scène plus dynamique et moins crasseuse que celle proposée : le gros grain de l'image fait penser à un vieux Derrick alors que le film nourrit visiblement davantage d'ambitions que cela. Mais l'acteur Zsolt Anger est formidable en Philip Marlowe magyar et l'ambiance noire et amusante font oublier les quelques défauts de cet Investigateur un peu long mais assez bon.
L'investigateur (A nyomozó) d'Attila Gigor. 1h47. Sortie : 19/08/2009.
Critique publiée sur Écran Large.
2 commentaires sur “L'INVESTIGATEUR”
ça devient à la mode non ? après Que diable avons nous fait cette nuit chez les bad trippers...
Bon, ça donne envie à part sans doute l'allusion à Derrick, j'espère qu'ils ne mettent pas 6 plans à ouvrir ou fermer une porte, je suis en manque de sommeil :o)
Nan nan, ça va, c'est plutôt pas trop lent comme film.
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