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19 déc. 2007

MA VIE N'EST PAS UNE COMÉDIE ROMANTIQUE

Ma vie n'est pas une comédie romantique n'est pas une comédie romantique... mais pas loin quand même. Sous couvert d'un hommage tendre et moqueur à un genre pas toujours original mais souvent très réconfortant, Marc Gibaja (l'un des créateurs de la fameuse "Minute blonde") brode une comédie délicieusement grincheuse, qui parviendra sans doute à réconcilier les cyniques, les nerds et les fans de cinéma sucré.
L'atout numéro un du film, c'est son acteur principal. Comme souvent lorsqu'il croit en ce qu'il joue, Gilles Lellouche livre une prestation tout à fait jouissive, se fondant parfaitement dans la peau de cet ours pas aimable, pas rasé et pas vraiment sociable. Le regarder s'amuser est un plaisir de tous les instants, qui justifie à lui seul d'aller voir le film. Face à un type aussi impressionnant, Marie Gillain fait ce qu'elle peut, et s'acquitte plutôt bien d'un rôle assez savoureux.
Le côté "hommage aux comédies romantiques" n'est pas le plus convaincant. Si les fans de Quand Harry rencontre Sally se pâmeront littéralement devant quelques plans explicitement piqués au film de Rob Reiner, c'est à peu près tout. Le film de Gibaja convainc surtout par sa fraîcheur permanente, son sens de la réplique pourrie et son amour des situations anti-glamour.
L'amusement est maximal, le plaisir entier. Sans basculer dans la parodie ou dans une quête de l'originalité à tout prix, Ma vie n'est pas une comédie romantique surprend régulièrement par le léger décalage qu'il apporte à des situations bien classiques. En témoignent une rencontre au rayon papier toilette (d'où l'affiche du film), un mariage façon Star Trek ou une ode assumée au sexe sans sentiments. Les personnages secondaires sont à l'unisson, leurs statuts traditionnels étant compensés par une bonne dose de marginalisme. C'est le cas du meilleur pote bedonnant et légèrement neuneu qui découvre la sexualité avec une ado de moins de seize ans (Laurent Ournac, à mille lieues des productions TF1), ou du petit garçon, pas spécialement futé, et dont l'occupation favorite consiste à manger des fleurs. Des détails qui montrent que Ma vie n'est pas une comédie romantique est un film légèrement différent des autres, juste assez en tout cas pour ne faire fuir ni les fans du genre, ni les sans coeur allergiques aux films avec Hugh Grant.
8/10

15 mars 2007

MA PLACE AU SOLEIL

Très à la mode, le film choral est un genre à prendre avec des pincettes, qui nécessite de la maîtrise, de la finesse, et une certaine unité. Visiblement, Éric de Montalier ne possède rien de tout ça : non content d'être le moins bon de tous les acteurs du film (et il y en a des mauvais), il livre avec Ma place au soleil ce qui se fait de pire dans le genre.
Pas grand chose à dire, rien à raconter : avec sa caméra faussement aérienne, Éric de Montalier entend sans doute montrer que les salauds sont toujours pourris et que chacun a droit à sa place au soleil (d'où le titre, forcément). On a rarement fait démonstration plus schématique : tous les hommes sont des porcs sans cervelle, toutes les femmes des victimes. Ce n'est flatteur ni pour les uns ni pour les autres. Vaguement reliés entre eux, les différents segments du film n'ont aucune personnalité : Montalier part d'un fond de réalisme téléfilmique à la petite semaine et y incorpore au petit bonheur des bribes d'onirisme, de burlesque et de tragique (avec même un type qui joue la Mort) sans aucun souci de cohérence. On tient là le nouveau Claude Lelouch, cinéaste particulièrement doué dans l'art de redécouvrir à chaque seconde que la vie est belle, surprenante, bourrée de hasards, et qu'elle "ne vaut d'être vécue sans amour" (c'est l'affiche qui le dit). Il s'émerveille de la naissance contrariée d'un amour, des bienfaits du tango et du squash, puis se fâche contre les connards (il préfère les losers sans saveur), les méchants et les profiteurs. Le genre de leçon de vie mille fois vue et revue, traitée sans un pouce d'originalité.
On se demande bien comment le réalisateur novice et pas doué a pu réussir à réunir un casting aussi foisonnant. Mais côté direction d'acteurs, c'est là aussi la débandade : à vrai dire, seuls trois d'entre eux sont bons (et même très bons), j'ai nommé Gilles Lellouche, François Cluzet et Élodie Bouchez. Les autres sont d'une platitude absolue. Et c'est toujours triste de voir des acteurs aussi rares que Nicole Garcia ou Jacques Dutronc gâcher leur talent dans des productions aussi ineptes que celle-ci.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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