Trois ans après le très raté Fair play, Rien de personnel débarque avec cette même envie de démonter les rouages du coaching d'entreprise, des malversations des grands patrons et de la promotion des lèches-bottes. Sélectionné en grande pompe à la dernière Semaine de la Critique, le premier film de Mathias Gokalp apparaît pourtant très vite comme une grosse baudruche même pas bien gonflée, un écran de fumée dissimulant mal le néant situé derrière.La faute à une construction extrêmement alambiquée, destinée à faire tomber les masques de façon progressive, mais tellement mal fichue qu'elle provoque à la fois l'incompréhension et l'ennui. En multipliant les points de vue, les retrous en arrière et les réinterprétations, Gokalp nous présente parfois la même scène trois ou quatre fois, sans que l'intérêt d'un tel procédé se fasse réellement sentir. Pire : sa façon de faire a tout d'un tour de passe-passe un peu malhonnête. Comment se repérer dans un film où certaines séquences ne sont pas simplement reproduites sous un autre point de vue, mais carrément modifiées dans un flagrant délit de mensonge ? Il est dès lors impossible de croire en des situations et personnages dont on comprend qu'ils n'ont peut-être pas dit ce qu'on les voit dire ou fait ce qu'on les voit faire.
Outre ces méthodes un peu douteuses et dignes d'un faux petit malin, on peine à saisir l'intérêt même d'un tel film. Seule et unique conclusion : les gens sont tous des salauds, surtout les puissants. Brillante étude sociologique. C'était bien la peine de pondre une intrigue aussi tordue pour accoucher d'une réflexion aussi misérable. Seuls quelques petits numéros d'acteurs peuvent à la rigueur faire esquisser un sourire au milieu de tout ce fatras. En premier lieu, c'est encore et toujours Denis Podalydès qui triomphe, excellent comme toujours et bénéficiant du fait que son personnage est le seul à être à peu près sympathique et à peu près crédible. Rien de personnel, monsieur Gokalp, mais il semble bien difficile de trouver d'autres atouts à un film ô combien foireux.

Rien de personnel de Mathias Gokalp. 1h31. Sortie : 16/09/2009.
Autre critique sur L. aime le cinéma.



















