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7 mars 2009

-Home delivery- [episode 3 : producteurs, esprits et comateux]

Troisième épisode de -Home delivery-, ou le cinéma vu de mon salon...

Coma si de rien n'était
Une très bonne scène dans Awake : celle où le héros, censé être endormi sur la table d'opération, réalise que l'anesthésie ne fonctionne pas, et que si son corps est immobile, son esprit est bien alerte... Le reste n'est que pure décoration, d'une Jessica Alba toujours aussi peu crédible à un scénario en forme de grosse manipulation pour le moins improbable. Mais la durée du film (1h10 pour arriver au générique de fin) donne l'impression de ne pas trop perdre son temps.
4/10
Awake de Joby Harold. Direct to DVD. Sortie en DVD & Blu-ray : 6 janvier 2009. Wild side video.




Citizen ghost
Après le surprenant (et hautement recommandable) Citizen dog, le thaïlandais Wisit Sasanatieng livre une oeuvre bien moins originale : un énième film fantastique avec maison inquiétante, personnages fantomatiques et twist final. Si The unseeable dispose d'un certain cachet côté esthétique (et d'une charmante héroïne), son intrigue sent malheureusement le déjà-vu. Qu'on cesse de mettre une heure et demie pour nous révéler que, tatatam, en fait tel ou tel personnage est mort depuis le début. Ça commence à être un peu rengaine, et ça gâche un peu le plaisir.
4/10
The unseeable de Wisit Sasanatieng. Direct to DVD. Sortie en DVD & Blu-ray : 25 mars 2009. EuropaCorp.



Pour Linson le glas

Présenté en cloture du dernier festival de Cannes, le dernier Levinson n'a pas eu les honneurs d'une sortie en salles, comme pas mal de ses derniers films d'ailleurs. Dommage : avec son affiche riche en stars, sa mauvaise humeur permanente et ses anecdotes tirées des souvenirs du producteur Art Linson, What just happened ? est une description attachante du job de producteur. Ou comment la barbe de Bruce Willis ou un film faisant mourir un chien peuvent vous ruiner l'existence... En prime, le meilleur rôle de Bob DeNiro depuis des lustres.
6/10
Panique à Hollywood de Barry Levinson. Direct to DVD. Sortie en DVD & Blu-ray : 3 février 2009. Wild side video.

28 juil. 2008

MEDIEVAL PIE : TERRITOIRES VIERGES

Voilà encore un exemple de la roublardise totale des distributeurs : ne sachant comment vendre ce pâlot Virgin territory, ils l'ont donc rebaptisé Medieval pie, histoire de faire croire à un teen movie graveleux se déroulant au pays des châteaux-forts. Or, il s'agit en fait d'une version "moderne" du Decameron, recueil de 100 nouvelles écrites par Boccace et déjà adapté par Pier Paolo Pasolini en 1973. Et c'est surtout une aberration totale, un machin moche et sans intérêt, joué par de jeunes acteurs déjà en fin de carrière. On y voit des nonnes de dévergonder en improvisant des parties à trois avec ce bellâtre d'Hayden Christensen, des mecs danser les fesses à l'air pour je ne sais plus trop quelle raison, et des filles tenter d'exciter de jeunes puceaux en chaleur en branlottant frénétiquement les pis d'une pauvre vache (ce qui se terminera par une éjaculation faciale, mais avec du lait). Bref, c'est consternant.
Pour supporter ça, il faudra mettre son exigence cinématographique de côté, et se contenter de goûter les plastiques souvent irréprochables des différents protagonistes du film. Medieval pie, c'est un film érotique de seconde zone faisant l'ellipse sur les scènes de sexe, un montage de petits fantasmes pour adolescent(e)s en manque de corps-à-corps, un film dont les aspirations ne sont finalement pas si éloignées de celles du grand Max Pecas de On se calme et on boit frais à Saint-Tropez. Une telle ambition mérite un minimum de considération.
3/10

23 févr. 2008

JUMPER

Sacré Doug Liman. Le cinéaste le plus vaniteux du moment (il clame partout qu'il est un génie incomparable) vient de se prendre les pieds dans le tapis, au vu et au su du monde entier. Annoncé comme une nouvelle révolution marquant le début d'une série de films (trilogie ou plus) capable de concurrencer Matrix et autres oeuvres de SF supposément visionnaires, Jumper ressemble paradoxalement à un tout petit divertissement pour ados en rut, un prolongement fantastique des merveilleuses séries proposées à nos chers boutonneux les matins de vacances scolaires sur notre plus grande chaîne publique (oui, celle qui sera bientôt sans pub).
Passée une idée pas plus bête qu'une autre (faire évoluer des types capables de se déplacer à la vitesse de la foudre), Jumper fonce dans le mur au bout d'une poignée de minutes, décrédibilisé par une laideur visuelle assez hallucinante et par la vacuité totale d'un scénario bas de plafond. Pour résumer, "jumper" sert principalement à lever des poulettes n'importe où dans le monde (pourquoi se contenter de celles qui trainent dans le pub du coin?) et à donner une bonne leçon aux types un peu cons. Accessoirement, ça peut être utile pour braquer des banques, mais exploiter à fond une idée un tout petit peu intéressante semble hors de portée de la horde de scénariste qui sévit ici. Conscients qu'un film de ce genre ne peut exister sans un bon méchant, ceux-ci font rapidement apparaître un certain Roland, aussi charismatique qu'un char à voile, interprété par un Sam Jackson aux cheveux blancs, semblant avoir définitivement abandonné tout plan de carrière. Roland est le meneur des Paladins, un groupe de mecs qui n'aiment pas les jumpers et semblent prêts à tout pour les rayer de la surface du monde. Pourquoi? Visiblement, on s'en moque.
Refusant toute intrigue solide, Jumper se contente alors d'offrir un enchaînement de scènes façon teen movie mais avec un peu de jump pour satisfaire garçons et filles de moins de quinze ans. On fait l'amour comme des bêtes (c'est-à-dire sans enlever ses vêtements ni son appareil dentaire), on visite le monde en poussant des cris béats, on s'embrasse passionnément mais sans la langue. Et puis c'est tout. Hayden Christensen et Rachel Bilson incarnent parfaitement ce désir de plénitude par la platitude, se contentant de montrer leurs dents bien blanches pour montrer leurs émotions. Même l'arrivée tardive de Diane Lane ne relèvera pas le niveau ; elle permet cependant de faire naître quelques enjeux guère transcendants mais ayant au moins le mérite d'exister. Dans l'optique de la trilogie qui se profile (si les résultats financiers suivent, bien entendu), c'est un léger bon signe. En attendant de (peut-être) constituer le premier volet raté d'une saga regardable, Jumper n'est pour l'instant qu'un spectacle pathétique, antipathique et méprisant vis-à-vis de son spectateur.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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