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12 janv. 2007

BAD TIMES

C'est fou ce que ça peut être révélateur, une affiche de film. celle de Bad times n'a apparemment rien de spécial ; elle est même assez bâclée, avec sa grosse tronche de Bale floue et granuleuse au premier plan. L'intérêt de l'affiche, c'est plutôt ce qui s'y trouve inscrit.
Première accroche : "par le créateur de Training day". On ne s'en serait pas douté, tiens, tant Bad times tient de la photocopie. Deux mecs sillonnent la ville en bagnole, jouent un peu du flingue, tâtent de la drogue, et montrent un double visage (celui qui va être engagé par les fédéraux est une charogne, le pique-assiettes latino un bon gars). Sauf que là où Training day était transcendé par son unité de temps (une unique journée), par son interprétation (Denzel Washington enfin différent) et par une véritable intrigue, Bad times est une simple errance sans but ni message, où les péripéties vécues par les personnages n'apportent strictement rien.
Seconde accroche, en bas de l'affiche : "Peut-on trouver la rédemption dans les rues de L.A.?". Rires. Car Bad times n'a à peu près rien à voir avec la notion de rédemption. On sait que les publicitaires n'ont pas toujours vu les films quand ils créent les affiches. Mais là, ce message inapproprié reflète bien la relative vacuité du film, qui n'entend rien démontrer, juste quelques images choc (dont un égorgement surprise, qui fera sursauter les moins attentifs) et plein de thèmes à la mode (les pétasses, la came, les guns, t'as vu).
Dans le rôle principal, Christian Bale est bon (la routine) mais lui-même ne semble pas croire à ce qu'il joue. On le comprend. Plus le film avance vers la fin, plus on s'approche du gouffre du ridicule. Et on plonge dedans la tête la première (forcément, Bad times finit mal, mais les évènements malheureux sont à la fois artificiels et très prévisibles). La petite anecdote sympa du film, c'est que David Ayer a hypothéqué sa maison pour pouvoir le financer. Souhaitons pour le bien de sa famille qu'un bon paquet de gangstas d'opérette aillent voir son film et le kiffent grave. Nous, on passe.
3/10

14 sept. 2006

THE SENTINEL

A ceux qui croyaient que The sentinel était un remake du film de Desplechin, je suis désolé, mais c'est non. Cela aurait pourtant pu être amusant : après tout, Michael Douglas a l'air tellement persuadé de sa propre jeunesse qu'il aurait pu jouer un jeune étudiant en médecine sans sourciller.
Malheureusement, The sentinel est plutôt un croisement entre Sens unique (l'agent pris au piège parce qu'il couche avec la copine du président) et Le fugitif (parce qu'évidemment, il se barre à toutes jambes pour aller prouver son innocence tout seul). Deux films plutôt sympathiques qui auraient pu donner un filleul au moins divertissant. Manque de bol, The sentinel, c'est des promesse, rien que des promesses. Clark Johnson ne joue ni la carte de l'action pure, ni celle du film d'espionnage, pas plus qu'il n'exploite un whodunit archi-rebattu mais qui aurait au moins eu l'avantage d'exciter deux ou trois neurones chez le spectateur. Au lieu, de ça, The sentinel est un film un peu bâtard qui ne va au bout de rien et gâche scrupuleusement chacune des pistes potentiellement intéressantes qu'il vient de créer. Idem pour le casting, pas dégueulasse, mais mal utilisé. A la fin, on a l'impression de n'avoir vu ni Kim Basinger, ni Kiefer Sutherland, ni d'ailleurs une Eva Longoria prometteuse et inattendue. Le vrai héros, c'est Michael Douglas, un papy qui voudrait rester dans la cour des jeunes, alors que ce n'est définitivement pas crédible.
2/10
 
"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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