6 nov. 2009

PANIQUE AU VILLAGE

Il y a Cowboy, le cow-boy ; Indien, l'indien ; Cheval, le cheval. En un peu plus d'une heure, ils vont vivre un demi-milliard d'aventures incroyables, explorant des recoins inexplorés de la planète pour une sombre histoire de briques. Cowboy, Indien et Cheval sont des figurines en plastique montées sur un socle et animées avec patience par Vincent Patar et Stéphane Aubier, déjà auteurs d'une série du même genre pour Canal+. Panique au village est un film d'animation à la technique absolument charmante, le but n'étant pas d'atteindre la perfection visuelle mais bien de raconter une histoire et de créer des effets comique en nombre, utilisant justement les bizarreries de ce mode de fabrication. Avec ses 8 images par seconde, ses accessoires trop grands pour les personnages - la tartine de Nutella, meilleur gag du film - et l'étrange façon dont les personnages se déplacent, le film joue à fond la carte de la singularité et de l'univers bricolo-poétique.
Et c'est d'abord charmant et amusant, parce qu'on n'a tout bonnement jamais vu ça au format long. La première demi-heure développe (?) des personnages sympathiques et amusants, dont l'immobilisme physique est largement compensé par des doubleurs en très grande forme. Il est amusant de noter que, si Indien et Cowboy sont globalement des têtes de noeud, l'intello du groupe est Cheval, qui tente de réparer avec flegme les bévues commises par ses comparses. Leur mode de vie, leur maison, leur petite vie de célibataires endurcis en fait même des personnages assez touchants. La frénésie gaguesque imposée par Patar, Aubier et leurs coscénaristes implique des ratages réguliers, mais aussi de vraies réussites, certains gags étant aussi amusants qu'inattendus.
Mais voilà : le passage au long-métrage était-il vraiment une si bonne idée ? Même s'il ne dure qu'une heure et seize minutes, Panique au village finit pa lasser, voire par exaspérer. Plusieurs explications possibles à cette lassitude express. La première est que le scénario, même s'il fait cavaler les personnages jusqu'au centre de la Terre, ne va absolument nulle part. La deuxième est que les voix des personnages, gueulardes ou suraiguës, finissent par vriller les tympans et le crâne, les rendant plus insupportables que sympathiques. C'est comme si, incapables de canaliser leur folie créatrice, Patar et Aubier n'avaient pu s'empêcher de sombrer dans une hystérie collective et improductive, les poussant à enchaîner les scènes harassantes dans une tornade de gigantesque n'importe quoi. On en sort fourbu, prêt à buter sur place la première personne qui aura le malheur de s'adresser à nous avec une voix de crécelle ou en parlant un peu fort.




Panique au village de Vincent Patar & Stéphane Aubier. 1h16. Sortie : 28/10/2009.

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