Après Le premier jour du reste de ta vie, Pio Marmaï a sans doute reçu tout un tas de scénarios. On se demande bien pourquoi il a choisi celui de La loi De Murphy tant il est difficile de trouver un quelconque intérêt au premier film de Christophe Campos. Celui-ci tente visiblement de marcher sur les traces de Guy Ritchie, son intrigue mêlant trafic de diamants, petites frappes en tous genres - et à sale gueule de préférence -, bons mots et chapeaux de roues. Avec son co-auteur Mabrouk El Mechri (JCVD), Campos a repris plus ou moins consciemment chacun des tics du réalisateur british, à commencer par les plus agaçants. Ça commence par un nombre excessif de personnages, dont une bonne moitié est parfaitement inutile ou suffisamment mal écrite pour avoir l'air dispensable. Ça continue avec une envie de faire de tous les dialogues des punchlines en puissances, et à ce titre La loi de Murphy rejoint le dernier Jeunet côté médiocrité.La liste est longue ; cependant, la grande différence entre n'importe quel film de Ritchie et celui de Campos, est que l'un est parfumé d'accents british et empreint de l'identité de toute une nation, avec ses fish and chips et ses grands clubs de foot, tandis que l'autre est désespérément... français. C'est injuste mais c'est comme ça : vu d'ailleurs, La loi de Murphy a peut-être un petit côté couleur locale qui le sauve, mais pour le spectateur hexagonal (oui, un spectateur à six faces, on en croise souvent dans les salles) il sonne comme un monument de déjà vu made in France, avec ses acteurs vus à la télé et ses dialogues entendus ailleurs. Qui dit atmosphère peu exotique et scénario alambiqué mais sans intérêt dit bâillements répétés. On ne peut cependant s'en prendre qu'à soi-même, l'affiche elle-même annonçant un « emmerdement maximum ». Une telle clairvoyance fait chaud au coeur.
Pour autant, La loi de Murphy n'a rien de détestable. Il a même le - léger - charme de ces films bien intentionnés mais ratés. Il y a même de plutôt bonnes choses à l'intérieur, pour peu que l'on creuse bien : un Fred Testot très en forme dans un rôle multiple, qui montre qu'il est au moins aussi bon que son confrère de couleur ; un Pio Marmaï dont la présence et la barbe savamment négligée font baver de jalousie ceux qui n'ont ni charisme ni poil au menton ; une Fanny Valette toujours aussi charmante, bien que son rôle s'apparente plus ou moins à celui d'une plante d'ornement. En compagnie de ces acteurs sympathiques et de quelques autres, on subit gentiment le film jusqu'à un happy end tiré par les cheveux, qui confirme une fois pour toutes que la copie de Christophe Campos est à revoir sur tous les plans.

La loi de Murphy de Christophe Campos. 1h34. Sortie : 04/11/2009.




















2 commentaires sur “LA LOI DE MURPHY”
T'es vraiment mon elixir de jouvence et de bonne humeur du matin chagrin toi.
Bon, le Jeunet on a compris c'est devenu ton nouveau punching ball.
Mais ce que j'aime c'est quand tu dézingues un film au point de le comparer au médiocre Jeunet et que tu bâilles par ci, et que la plupart des personnages sont inutiles par là pour finir par dire que le film a un "léger charme", oui j'ai bien noté le "léger"...
C'est pour ça que je t'aime d'a.... non, tout court (enfin, aussi pour ça !).
Enfin, tu le sais my friend "in this world there's two kinds of people...blablabla"...
Toi tu creuses !
film super,original,un inspecteur
de police génial,film à recommander
à tous
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