
On ne peut pas vraiment dire de Syndromes and a century qu'il s'agit d'un puzzle : le film n'est pas un assemblage de pièces qu'il convient d'imbriquer soi-même, puisque l'empilage se fait tout seul, naturel et complexe à la fois, un peu comme n'importe quel mécanisme de la vie. Laboratoires, jambes de bois, vent dans les arbres, moines en visite, tout se mêle dans un spectacle réjouissant et apaisant, une réinvention totale du film d'auteur puisque la lenteur de Syndromes of a century n'est jamais synonyme d'ennui ni de contemplation béate. Vers la fin du film, alors que la poussière d'amiante forme des nuages épais et sinueux, quelqu'un actionne une gigantesque pompe pour aspirer tout cet air souillé. Dans un long travelling avant, Weerasethakul s'approche de l'ouverture de cette pompe, curieux de découvrir comment s'effectue la danse des particules. Au moment où l'on tend au but, le nuage se fait plus épais, rendant l'observation impossible. Et c'est très bien comme ça. C'est l'impression d'ensemble laissée par Syndromes... : celle d'un film modeste, génial et délicat qui érige la distance en qualité suprême. Ça remet les pieds sur Terre. À force de voir des films, on oublierait presque ce qu'est le cinéma. Voilà la réponse évidente à ce genre d'interrogation.
10/10
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