22 mai 2006

BUBBLE

Une petite ville du Midwest. Deux employés d'une fabrique de poupées. Martha est rousse, grosse, moche, un peu vieille, et vit avec son papa. Kyle est plus jeune, mutique, solitaire, et vit chez sa maman. Deux prolos qui partagent un équilibre précaire lors de pauses déjeuner apaisantes. Puis débarque Rose. Jolie, pimpante, un peu arrogante. Mais on ne transforme pas un droite en triangle aussi facilement.
Venant là où l'on ne l'attend pas, Steven Soderbergh signe un drame minimaliste, aux règles proches de celles d'un Von Trier en bonne forme. Bubble est un film difficile à décrire car court, très court (1h13), et résumable par le menu en cinq lignes.
Dans sa première partie, Bubble dessine, à la manière d'un documentaire, le portrait de deux êtres complètements seuls, un peu médiocres, engoncés dans leur condition d'employés modèles, et qu'aucune étincelle ne vient réveiller. Puis arrive l'étincelle en question, en la personne de Rose. Et tout dérape. Sans excès de psychologie, en éludant ou en passant outre les scènes-clés, il signe un objet déroutant et fascinant à la fois, qui glace le sang autant qu'il réjouit. Car le côté glacial de Bubble n'empêche pas une certaine drôlerie à froid, entre"Strip-tease" et Kaurismäki. Alors même si on ne voit pas bien au fond où Soderbergh veut en venir, on apprécie Bubble pour sa capacité à faire du différent avec de l'ordinaire.
6/10

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"Bienvenue au royaume du pisse-froid inculte qui est au cinéma ce que Philippe Manoeuvre est au rock" (© Trollman)
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